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Le bien-être animal
• Définition
Une bonne gestion animalière doit viser à éviter les souffrances : les animaux souffrent quand ils ont des difficultés à gérer leur stress.
Le modèle conceptuel des priorités en termes de motivations et des souffrances de McFarland (Problems of Animal Behaviour - McFarland [Longman, 1989]) étudie et explique les paramètres du bien-être à prendre en compte pour éviter la souffrance et l’indolence (l’excès d’une chose mauvaise entraîne de la souffrance, l’excès d’une chose bonne – nourriture – entraîne une absence de motivation). Une bonne gestion animalière doit consister à assurer un niveau de confort permettant d’éviter ces deux extrêmes et à inciter les animaux à se comporter normalement.
Chez les animaux, les sources de souffrance sont :
• Faim et soif
• Chaleur et froid
• Douleur et épuisement
• Maladie et dépression
• Peur et anxiété
• Ennui et frustration
• Perte des compagnons et solitude
• Vie en groupe pour les espèces solitaires (chez les grands félins, seuls les lions vivent en groupe, les autres – tigres, panthères…– sont solitaires).
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< Avril 2002 - Lama attaché sur la route
Le modèle de McFarland a été utilisé conjointement avec un concept connu sous le nom de Five Freedoms and Provisions (Cinq critères du bien-être). Ce concept a servi de fondement à la législation relative au bien-être des animaux. |
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Voici les Cinq critères du bien-être :
1. L’absence de soif, de faim et de malnutrition – grâce à l’accès, à tout moment, à de l’eau fraîche et à un régime adapté au maintien de l’animal en bonne santé et en bonne forme physique.
2. L’absence d’inconfort – grâce à un environnement adapté, comprenant un abri et une aire de repos confortables.
3. L’absence de douleur, de blessure et de maladie – grâce à la prévention, à la rapidité du diagnostic et au traitement vétérinaire
4. L’absence de peur et d’angoisse – grâce à des conditions de vie évitant la souffrance psychologique
5. La possibilité de manifester un comportement normal – grâce à un espace suffisant, des installations adaptées et la compagnie d’autres animaux de la même espèce lorsqu’il s’agit d’une espèce vivant en groupe. Pour les animaux sauvages, les spécialistes précisent que ces conditions ne peuvent jamais être remplies.
Ce concept doit être compris comme « une liste pratique et exhaustive de paradigmes permettant d’évaluer les forces et les faiblesses de tout système de gestion animalière [Webster, 2005] ». Nous souhaitons que ces principes soient intégrés dans la législation relative aux cirques.
Rouen, septembre 2002
Primates et leurs petits dans les immondices et présentés au public |
Octobre 2002
Puma squelettique |
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• Des normes à réévaluer régulièrement
Notre connaissance et notre compréhension des besoins des animaux en captivité sont en évolution constante : c’est pourquoi il importe que les normes en matière de soins et de conditions de détention soient régulièrement mises à jour.
• Les animaux dont l’utilisation dans les cirques doit être interdite
Les grands singes, chimpanzés, bonobos, gorilles et orangs-outans sont des espèces en danger d’extinction, en outre, leurs compétences cognitives les rendent particulièrement sensibles aux conditions de captivité, du fait d’une conscience accrue de leur personne et de leur environnement, et aptes à développer des signes de mal-être tels que des stéréotypies ou des plaies par automutilation. Leur utilisation dans les cirques doit donc être interdite.
Trois catégories d’animaux devraient être interdites dans les cirques :
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1. Les animaux d’espèces menacées d’extinction (figurant en annexe 1 de la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et en annexe A du règlement n° 338/1997 du Conseil de l’Union européenne (et du règlement n° 34/2004 de la Commission européenne) : les cirques exploitent les animaux à des fins commerciales et n’apportent aucune contribution à la préservation des espèces. Ces animaux sont entre autres, les grands singes, les éléphants d’Afrique et d’Asie, et les tigres.
< Automne 2000 - Ce bonobo survit seul, isolé dans la petite cage d'un camion. Cette espèce, en grand danger d'extinction, est pourtant protégée par la CITES, en annexe 1. Dans un zoo, ses conditions de détention seraient illégales. |
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2. Les animaux pour lesquels les exigences des Cinq critères du bien-être ne peuvent pas être satisfaites : girafes, hippopotames, rhinocéros, babouins et primates de plus grande taille, léopards, ours, otaries et dauphins. Il conviendrait aussi d’interdire le transport des nouveau-nés et des femelles aux derniers stades de gestation.
3. Les animaux (espèces ou individus) ne pouvant pas être dressés sans recours à la force ou à une autre forme de pratique cruelle.
• Le dressage des animaux
Les animaux sauvages sont imprévisibles. Leur comportement est influencé par de nombreux facteurs, dont certains se situent au-delà de nos perceptions. Ces perceptions sensorielles et les réactions qu’elles suscitent peuvent s’accentuer de façon saisonnière, par exemple lorsque l’animal est en rut ou est accompagné de ses petits. Ces réactions sont particulièrement importantes durant le dressage et au cours du spectacle, ainsi que lors du contact entre les animaux et le public.
Un dompteur désireux de dominer l’animal recourt à la force ou à des techniques cruelles, surtout avec un animal de grande taille. L’utilisation de piques doit être interdite, de même que les dagues effilées, électrodes, produits irritants et aérosols. Chaque fois que cela est impossible, l’animal doit être exempté de numéros et ne doit pas être maintenu captif dans un cirque.
Le fait que le dressage puisse compromettre le bien-être d’un animal, à un moment quelconque de son existence, ne doit pas être admis. Voici des exemples de dressage pouvant entraîner des problèmes graves: dresser un animal à faire des numéros au-delà de ses capacités naturelles (risque de blessures) ; soustraire un animal au groupe social auquel il appartient depuis sa naissance avant qu’il ait appris son comportement social et reproducteur (cela compromet sa capacité à s’intégrer et à se reproduire plus tard). De telles pratiques doivent être interdites.
• Le transport des animaux
Durée
De nombreux problèmes de bien-être posés par les cirques résultent de la nécessité de voyager : cages petites et confinées, absence d’aire ou de territoire d’habitat, ambiance bruyante, manque d’exercice et impossibilité pour les animaux d’exprimer un comportement normal. Il importe donc de réduire au maximum les effets néfastes du transport. Nous proposons que la durée de chaque voyage (temps entre le chargement du premier animal et le déchargement du dernier animal) soit limitée à moins de 8 heures, avant et après quoi les animaux doivent se reposer pendant 24 heures.

Mai 2004
Pendant le transport, le toit du camion est rabaissé.
La girafe voyage pliée.
Une telle limitation est nécessaire en raison de la fréquence des déplacements des cirques. Elle est cohérente par rapport au règlement n° 1/2005 du Conseil de l’Union européenne, qui s’appliquera à tous les cirques à l’intérieur de l’Union européenne.
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Ce règlement interdit aussi le transport des animaux nouveau-nés et des femelles aux derniers stades de gestation. Le degré de développement des jeunes animaux varie considérablement selon les espèces. Il conviendrait d’interdire aussi le transport de ceux qui ne sont pas encore assez robustes pour voyager.
< Septembre 2002
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Fréquence
Les voyages perturbant beaucoup les animaux, il convient d’interdire aux cirques de les déplacer plus de 2 jours par semaine. Ainsi, le personnel en charge des animaux aurait le temps d’installer des enclos leur permettant de faire de l’exercice et pourrait consacrer davantage de temps à veiller à leur bien-être. Cela signifie que certains cirques devront soigneusement reconsidérer leurs itinéraires et leurs étapes.
Conditions
L’état des véhicules, la qualification des conducteurs, les carnets de bord, les inspections et l’utilisation des points de ravitaillement sont régis par le règlement n° 1/2005 du Conseil de l’Union européenne.
Toutes les espèces ont besoin d’un matériel leur permettant de se coucher et certaines ont besoin d’un chauffage. Des systèmes sûrs d’abreuvement et de nourrissage doivent être prévus. Les exigences particulières à chaque espèce doivent être satisfaites de manière adéquate : bassins, perchoirs, etc. Le bon sens intervient aussi : rappelons qu’une girafe transportée par un cirque est morte parce que le véhicule qui la transportait est passé sous un pont trop bas…
Le transport des animaux de cirque par chemin de fer est également réglementé : vitesse limitée du train, wagons devant être situés juste derrière la locomotive pour limiter les secousses, planchers non glissants…
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< Août 2000
Les tigres sont des animaux solitaires qui, dans la nature, vivent sur des territoires immenses. Ici, ils subissent la promiscuité avec leurs congénères et le confinement dans des cages exiguës et vides. |
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L’objectif de cette partie de la législation doit être l’amélioration du bien-être des animaux pendant les transports grâce à la limitation de l’inconfort, à un nourrissage et un abreuvement corrects et à la garantie d’un repos suffisant et à une limitation du stress.
• Le terrain
Le terrain sur lequel ont lieu les représentations doit être suffisamment protégé des aléas climatiques, offrir un espace suffisant pour disposer des enclos extérieurs permettant aux animaux de prendre de l’exercice… Le site ne doit pas être susceptible d’être incendié, ni inondé, et doit se trouver à une distance suffisante des routes principales, des gares de chemin de fer, usines, etc., afin de limiter les facteurs de stress (bruits, odeurs). La disposition adéquate des services – électricité, eau potable, drainage – est essentielle.

Féjus, mars/avril 2001
Cirque installé près d'une route
Des installations sanitaires adéquates doivent être mises à la disposition du public.
• Les quartiers d’hiver, les lieux de reproduction, les représentations en un endroit fixe
Pour les sites sur lesquels les animaux du cirque sont maintenus pendant des périodes prolongées (plus de 6 semaines) ou sur lesquels a lieu la reproduction, les dispositions concernant le bien-être et la sécurité des animaux, leur dressage et la sécurité du personnel doivent être aussi strictes que celles qui sont acceptables pour un cirque itinérant.
Les lieux sans accès au public doivent satisfaire à toutes les exigences, relatives à la détention et aux soins d’animaux, ainsi qu’à la sécurité du personnel, de la législation courante appliquée aux zoos. Il s’agit là des normes minimales acceptables.
Les lieux avec accès au public (plus de 7 jours par an), en plus des dispositions citées précédemment, doivent satisfaire à toutes les autres dispositions de la législation courante relative aux zoos concernant l’éducation, la préservation des espèces et la recherche. Comme pour les zoos, ces installations devront offrir au public tous les services dont il peut avoir besoin : toilettes, premiers secours, restauration, etc.
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• La reproduction en captivité
La reproduction doit être interdite dans tous les cirques itinérants.
< Les tigres sont protégés en annexe 1 de la CITES, ces animaux sont parmi les plus en danger de disparition. Nous demandons l'interdiction de leur présence dans les cirques. |
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• Gestion des animaux malades, vieux ou inaptes au spectacle Aucun animal ne devrait participer à un spectacle lorsqu’il n’est pas possible de satisfaire aux Cinq critères du bien-être. Si un animal n’est pas en bonne condition, manifeste des signes d’inconfort, de faiblesse ou réagit moins bien face à son environnement, sa participation au spectacle devrait pas être autorisée. De même, et pour les mêmes raisons, les animaux âgés ne doivent pas y participer. Les animaux malades, infirmes et/ou âgés ne sont généralement pas en état de voyager. Ne pouvant participer aux spectacles, leur présence dans un cirque est de toute façon illégitime. Tout propriétaire d’animaux se doit de s’en occuper tout au long de leur existence. Cela signifie notamment qu’il faut prévoir que les animaux puissent être malades et vieillissent. Il est important que tout cirque prévoie ces situations et les assume en conséquence. Certaines espèces, comme les chimpanzés, deviennent difficilement gérables à l’âge adulte (vers 10 ans) et ne sont donc souvent plus utilisées dans les spectacles passé cet âge. Or, l’espérance de vie d’un chimpanzé en captivité peut atteindre 30 ans. Le devenir de ces animaux « à la retraite » doit donc être particulièrement surveillé, car ils posent un problème économique évident. Des conditions de vie décentes dans un environnement adéquat, respectant tous les besoins d’un grand singe (notamment une vie sociale) doivent être mises en place une fois les individus devenus inaptes à pratiquer les numéros de cirque.
• Transfert des animaux L’acquisition d’animaux capturés dans la nature doit être interdite. Aucun animal ne doit être acquis tant que les propriétaires ne sont pas entièrement en mesure d’assurer son bien-être et que les personnes qui en auront la charge ne disposent pas de la formation et de l’expérience nécessaires pour s’en occuper. Les registres doivent consigner l’information relative à chaque animal, y compris son origine. Lorsqu’un animal doit quitter le cirque, des dispositions doivent être prises pour assurer son bien-être jusqu’à la fin de son existence. Si un animal doit être confié ce doit être uniquement à des personnes responsables disposant des installations, de la connaissance, des ressources et des titres nécessaires pour assurer le maintien de son bien-être. |
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