A.
En France
Autorisation d’ouverture : En application de l’article
L.413-3 du code de l’environnement (ancien L.213-3 du code
rural), les établissements détenant des animaux d’espèces non domestiques
doivent bénéficier d’une autorisation préfectorale d’ouverture.
Franck
Zavatta (3ème cirque de France), Alain Zavatta, Pacific
circus, Werner n’en possèdent pas.
Certificat
de capacité : En application de l’article L.413-2 du code de l’environnement (ancien
L.213-2 du Code rural), les responsables de l’entretien des animaux
dans les cirques doivent être titulaires d’un certificat
de capacité délivré après examen de leur compétence.
De nombreux cirques ne possèdent pas ce certificat : soit ils
ne l’ont pas demandé, soit il ne leur a pas été accordé :
-
Cirque
Monte Carlo : une autruche et des babouins illégaux
-
Franck
Zavatta : un rhinocéros blanc et un hippopotame illégal
-
Cirque
Monaco : un hippopotame illégal
-
Crone-Fratellini :
hippopotame, tigres et lions illégaux
-
Pacific
circus : fauves illégaux
-
Christiane
Grüss : hippopotame et girafe illégaux
-
Cirque
Paris, Alain Zavatta, Willie Zavatta, William Zavatta, Eden
circus, Alain Fratellini, Werner etc...
Cette
situation tend à perdurer, car les directeurs de cirque plaident
en faveur de la régularisation de l’illégalité de leur situation
afin d’échapper aux sanctions. Or,
il est clair que le certificat de capacité doit être obtenu avant
l’acquisition de l’animal concerné, sauf à vider l’autorisation
de sa substance et sa fonction.
On
notera que dans le cas de l’hippopotame, «le ministère de l’environnement
estime qu’un tel animal n’a pas sa place dans un établissement itinérant »,
Aussi la demande de régularisation peut-elle être déposée et re-déposée
sans que la situation évolue et donc qu’aucune sanction efficace
soit prise pour sortir l’animal de sa remorque de camion (cirque
de Paris : Tribunal correctionnel de Nevers 09/06/00, Alain
Zavatta Tribunal Correctionnel de Villefranche 07/06/00).
Participation
obligatoire au spectacle : L’alinéa 4 de l'article
R.213-18 du Code de l'Environnement) prévoit que l’autorisation
d’ouverture ne peut être accordée que pour des
animaux participant effectivement à un spectacle.
Dans
quelques cas, certains des animaux ne travaillent pas (Amar, Nathalie
Halley, Pinder, Werner..)
-
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Les
normes minimales pour les lions, panthères ou babouins sont établies
pour répondre aux impératifs biologiques et sociologiques des espèces.
Ce qui signifie que la législation elle-même reconnaît que la détention
dans les ménageries, très en deçà du minimum réglementaire, ne répond
pas à ces impératifs.
L’article
L.214-1 du code rural va
dans le même sens : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son
propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs
biologiques de son espèce ».
L’expression
« conditions compatibles avec les impératifs biologiques de
l’espèce » renvoie à une possibilité de développer « toute
la palette des comportements de l’animal. La détention dans les
cirques entraîne notamment de très graves restrictions concernant
essentiellement le comportement social, sexuel, maternel, locomoteur
et territorial des animaux ».
Au titre de cette disposition légale, tous les cirques peuvent être
considérés comme en infraction.
B. A
l’étranger :
Soumis
aux conditions réglementaires de commerce et de transport des animaux
sauvages, les animaux du cirque ne sont cependant pas protégés en
tant que tels. Malgré les tournées, aucune convention internationale
ne régit, à l’heure actuelle, leur exploitation dans le cadre des
spectacles itinérants.
Certains
pays ont néanmoins répondu à cette absence de réglementation en
interdisant l’utilisation des animaux sauvages dans les cirques.
En Europe
-
Danemark :
depuis 1962, il est interdit d’utiliser des animaux ou des espèces
d’animaux non domestiqués (à l’exception, toutefois, des éléphants
d’Asie considérés comme domestiqués).
-
Finlande : depuis
1986, il est interdit d’utiliser les singes, les éléphants, les
carnivores, les phoques, les rhinocéros, les hippopotames, les ruminants,
les marsupiaux, les oiseaux de proie, les autruches et les crocodiles.
Les otaries sont autorisées.
-
Grande Bretagne :
interdiction de la présence de cirques avec animaux sauvages dans
220 municipalités ou juridictions municipales (Cambridge, Coventry,
Liverpool, Lancaster, Oxford…) ;
8
juridictions municipales des nouveaux Pays
de Galles du
sud .
-
Suède : depuis
1988 (suite à une ordonnance royale de 1959), sont interdits les
singes, les prédateurs (à l’exception des chiens et chats), les
pinnipèdes (à l’exception des otaries), les rhinocéros, les hippopotames,
les cervidés (à l’exception des rennes), les girafes, les kangourous,
les oiseaux de proie, les ratites (autruches, émeus, nandous) et
les crocodiles.
-
A partir de 2005, l’Autriche interdira les
hippopotames, les rhinocéros, les girafes, les singes, les éléphants,
les pinnipèdes, les ours et les fauves (à l’exception des tigres
et des lions).
Dans
le monde :
-
Brésil :
interdiction de la présentation d’animaux exotiques et domestiques
dans les cirques .
-
Inde : depuis
1998, l’Inde interdit la présentation et l’entraînement des tigres,
panthères, lions, singes et, ours dans les cirques.
-
Israël : prohibition
de la présence d’animaux sauvages dans les cirques
-
Singapour : depuis
le 1er janvier 2002, Singapour a interdit, pour des raisons
de protection animale et de sécurité du public, la présence d’animaux
sauvages dans les spectacles itinérants .
-
Interdiction de la présence de cirques avec animaux sauvages dans,
au moins :
14
juridictions municipales d’Australie de l’Ouest ,
la ville de Tea Tree Gully en Australie du sud, tout le territoire
de la capitale de l’Australie ;
14
juridictions de Colombie britannique au Canada ;
2
juridictions municipales au Québec ;
5
juridictions de Nouvelle Ecosse ;
et
une quinzaine de juridictions municipales aux Etats-Unis.
C. Accidents
sécurité :
Les
conditions déplorables dans lesquelles sont détenus les animaux
les conduisent à des troubles du comportement et à un stress qui
les rendent dangereux. Les accidents sont fréquents, selon Sam Farr,
démocrate californien : de 1983 à 2000, 29 personnes ont été
tuées par des éléphants du cirque aux Etats unis .
Dans le monde, 115 accidents ont été officiellement rapportés ces
10 dernières années .
Le monsieur Loyal du cirque Bauer témoigne en ce sens : « Un
jour en Espagne, j’ai vu un éléphant en colère c’était terrible.
Il devenait fou et il n’y avait rien à faire pour le contrôler :
il a fallu l’abattre… »
Nous
avons référencé de nombreux accidents survenus en France et impliquant
un animal du cirque ; l’animal en est très fréquemment la victime
: Accidents
D. Les
cirques avec animaux : une zone de non-droit.
«90%
des cirques sont dans l’illégalité» selon Gilbert Edelstein président
du syndicat national des cirques et PDG de Pinder.
De
nombreuses municipalités tentent de refuser les cirques ne présentant
pas les différents certificats de capacité à détenir des animaux
ou les registres de sécurité. Mais face à la violence et à l’obstination
des établissements itinérants, la police et les municipalités sont
très fréquemment obligées, faute de moyens, de reculer :
-
Aix-les-Bains (73) :
le cirque Alain Zavatta passe en force. Le cadenas verrouillant
l’accès à l’esplanade a été forcé, la troupe ayant décidé de
s’installer malgré le refus de la municipalité. Le cirque donne
deux représentations.
-
Annecy
le vieux (74)
: le cirque Alain Zavatta passe outre l’absence d’autorisation
municipale.
-
Annecy (74) :
09/2001 : Le cirque Alain Zavatta s’impose de force à Annecy,
malgré refus de la municipalité.
-
Bagnols
(63) : Coup
de force nocturne de la troupe Alain Zavatta «On a été un peu
pris en otage, c’est une forme de chantage » lâche le commissaire.
-
Balaruc-les-bains
(34) :
L’équipe de Franck Zavatta installe son chapiteau malgré l’absence
d’autorisation. Finalement, la mairie a laissé s’installer le
convoi sous le regard désabusé des gendarmes.
-
Cabourg
(14) -
Même problème avec le cirque Willie Zavatta - violence
sur les élus.
-
Cagnes (06):
Les camions du cirque Zavatta ont pénétré sur le site en force.
Après avoir écrasé une jardinière, les employés du cirque n’ont
eu aucun mal à déplacer à l’aide d’engins les quelques blocs
de béton interdisant l’accès à l’esplanade. La ville voisine
de Saint Laurent a connu la même situation quelques jours auparavant .
-
Fougère
(35) :
« Notre refus ne remet en rien la politique de la
ville quant à l’accueil des cirques. Mais il ne faut pas exagérer,
Atlas n’a pas respecté la procédure habituellement suivie :
pas de demande d’autorisation préalable, pas de visite de sécurité
de prévue alors que c’est obligatoire même s’ils n’installent
pas de gradins. Un branchement sauvage pour l’eau sur la borne
incendie et, par-dessus le marché, des échanges verbaux à la
limite de la correction à mon égard. Si nous cédions à leur
pression nous créerions un fâcheux précédent » (Jean Luc
Chevretaux adjoint au maire) .
-
Gonesse
(95) :
le cirque Willy Zavatta est sous le coup d’une procédure d’expulsion
lancée par le député-maire Jean-Pierre Balzy. A l’issue d’un
banal problème de stationnement, un forain a frappé un agent
de la RATP puis un policier et enfin une policière municipale
enceinte.
-
La Garde (83) : Suite
à des insultes à l’égard de deux employés de mairie, le cirque
Christiane Gruss est refusé sur la commune. Le cirque paralyse
l’accès du complexe Guy Mocquet…, mais le maire, les gendarmes
et la préfecture ne cèdent pas…
-
Marseille (13):
Selon la municipalité, le cirque Médrano, s’installe sans autorisation
sur le terrain de la Capelette.
-
Mervilles
(59) : La gendarmerie
obligée d’intervenir car le cirque Willie Zavatta s'impose de
force.
-
Morzine-Avoriaz
(74) :
un courrier du maire aux sénateurs et députés de Haute Savoie
dénonce cette zone de non-droit : « Ils passent outre
nos arrêtés et se produisent de force (…) l’Etat démissionne
devant ces personnes en nous obligeant à négocier. A aucun moment,
il n’est question pour ces représentants de nous aider à faire
respecter les règlements que nous rédigeons (…) Que puis-je
faire alors que l’on bafoue mes arrêtés et que l’on ne me produit
pas les justificatifs légalement nécessaires pour une telle
activité ? ».
-
Nevers
(58) :
« Le cirque
Zavatta a fait étape, hier, à Nevers. Un imprévu de taille attendait
ses responsables. Ils se sont vu interdire de produire tout
spectacle par la commission de sécurité, notamment avec des
conditions physiologiques jugées ‘plus que limites’ pour l’hippopotame
au niveau de l’élément aquatique. Mais la représentation a tout
de même eu lieu » .
-
Nevers
(58) :
Malgré l’interdiction, faites au cirque Médrano par le Préfet
de la Nièvre, de se produire avec ses animaux pour des raisons
de sécurité publique, Mr Loyal ironise en adressant un salut
au préfet et en outrepassant l’interdiction… La requête du cirque
auprès du tribunal de Dijon est rejetée.
-
Ris-Orangis
(91) : «Malgré
le refus de la municipalité, le cirque Zavatta s’est installé
le long de la nationale (…) c’est ainsi qu’ils débarquent quatre
gros éléphants de leur cage afin de bloquer en partie l’important
carrefour… ».
-
Saint-Affrique
(12) : « après
deux heures et demi de blocus, le maire s’est rendu sur place.
Il a fini par céder, autorisant les enfants de la balle à donner
leur spectacle ».
-
Tulle
(19) :
« En dépit du défaut d’autorisation de la mairie pour des
raisons de sécurité, le chapiteau d’un cirque ‘Franck Zavatta’
avait planté son chapiteau »… « La direction
a reconnue l’illégalité des faits reprochés parmi lesquels les
branchements sauvages, les séjours irréguliers, le défaut d’autorisation
d’un établissement classé, la détention illicite d’animaux sauvage
de la faune étrangère »
Les
procès verbaux ne débouchent quasiment jamais sur une saisie des
animaux. Ainsi en 2000, « Le cirque Zavatta menacé de fermeture :
Arsène Cagniac, dompteur et responsable du cirque, ne dispose pas
de certificat de capacité, ni du diplôme requis pour exercer le
domptage. Tigres, éléphants et hippopotames, sont ‘hébergés’ en
toute illégalité. En 1995, déjà, M. Cagniac avait été condamné pour
les mêmes faits… . »
Le responsable est relaxé et les animaux toujours présents. Une
autre procédure est en cours…
De
nombreuses plaintes déposées par One Voice, pour défaut de certificat
de capacité et mauvais traitements, ont été classées sans suite.
Les raisons invoquées sont le problème d’identification de l’établissement
et l’impossibilité de le localiser.
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