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Les éléphants dans les cirques
Un rapport de One Voice par Franck Schrafstette
r

(janvier 2004)


Téléchargez le rapport (PDF 330 Ko)

"Lorsque je regarde des animaux tenus captifs dans les cirques, cela me fait penser à l’esclavage.
Les animaux dans les cirques représentent la domination et l’oppression que nous avons combattues pendant si longtemps. Ils portent les mêmes chaînes et les mêmes fers
".
Dick Gregory - Militant pour les droits civils et défenseur de la non-violence aux côtés de Martin Luther King

1. État des lieux

2. La détention des éléphants dans les cirques

2. De la harde naturelle au milieu artificiel

2.
Du nomadisme à la captivité
2.
De l'omniprésence à l'absence de bains
2.
Du musth à l'absence d'accouplement
2.
De la nature à la dénaturation..

3. Le dressage des éléphants dans les cirques

2. Coercition et chantage
2.
Des numéros "contre-nature"

4. Pathologies et troubles du comportement

5. Perspectives

Conclusion

Bibliographie
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"Une fable indienne raconte l’histoire de six aveugles auxquels on demanda de décrire un
éléphant. Le premier, lui touchant le flanc, le décrivit comme un mur, le deuxième palpa l’oreille et déclara : « c’est un éventail » ; le troisième, auscultant la patte, prétendit : « C’est un arbre » ; le quatrième prit la trompe pour un serpent, tandis que le suivant, après avoir tâté les défenses opta pour une lance. Enfin le dernier qui s’était saisi de la queue affirma : « l’éléphant n’est qu’une corde ». Les représentations que l’on se fait aujourd’hui de l’éléphant sont tout aussi variées. Pour les uns, c’est une créature magnifique, symbole de la nature sauvage ; pour d’autres, il s’agit d’un animal de labeur, à la force étonnante : enfin certains ne voient en lui qu’une source d’ivoire de cuir ou de viande. Il en est même qui le trouvent ridicule, tout juste bon à exécuter un numéro de cirque...
[1]
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Chapitre 1 - États des lieux

C’est dans la seconde moitié du XIXe, soit près d’un siècle après la création du cirque moderne par Philip Astley, que les éléphants font leur apparition en nombre sur les pistes.
La recherche de l’exotisme, liée aux conquêtes coloniales, ouvre la voie à un vaste marché d’animaux entre les pays colonisés et les pays occidentaux. Les Allemands Charles Reiche, Ruhe et Carl Hagenbeck sont les principaux représentants de ce commerce [2]. Ce dernier importe en 1863 jusqu’à 63 éléphants de Ceylan principalement pour les cirques américains où l’éléphant devient un faire valoir. Un vaste pillage de la nature s’amorce pour répondre à la demande des ménageries, des zoos puis des cirques occidentaux.

Afin de répondre à cette demande d’exotisme des pays européens et américains les indigènes sont embarqués avec les espèces animales locales, les lapons avec les phoques, les esquimaux avec les morses, et les cinghalais avec les éléphants. La presse parisienne parle de «bande d’animaux exotiques, accompagnés par des individus non moins singuliers».

Ce n’est donc pas un hasard, si c’est aux États-Unis où les cirques – ménageries sont les plus imposants, avec des troupeaux de plusieurs dizaines d’éléphants, que l’exhibition des indigènes puis des « freaks show » connaît le plus de succès.

Ce goût du public pour le « curieux » le pousse sans discernement à cautionner l’exploitation d’ethnies, d’êtres humains atteints de malformations ou d’animaux exotiques. Le film de David Lynch, Elephant Man synthétise à lui seul cette perversion face à l’exhibition de la différence. L’exhibé n’est plus qu’une chose, qu’une représentation sans âme pour ne pas dire sans intérêt.

Si l’évolution des mentalités a eu raison des « zoos humains » dans les années 1930 à 1950, elle n’a pas mis un terme à l’exhibition des animaux sauvages.

Selon Peter Jackson, plus de 250 éléphants furent importés de l’Asie du Sud Est vers les cirques d’Europe et d’Amérique du Nord en 1950 [3]. Les cirques français s’approvisionnant principalement au Cambodge et en Indochine.

Il ressort clairement que les éléphants ne sont pas un élément fondateur du cirque traditionnel, mais bien un ajout issu des conquêtes coloniales du XIXe siècle.
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Selon Dan Koehl, il y aurait environ 288 éléphants dans 83 cirques en Europe, majoritairement des éléphants d’Asie.
Les enquêtes de One Voice révèlent la présence d’une trentaine de « géants gris » dans une quinzaine de cirques.


Nom du cirque
Eléphants d'Afrique
Eléphants d'Asie
Prénoms
Amar
2
-
Rosa & Bamby
Continental Circus
1
-
Samba
Grüss Alexis
-
1
Syndha
Grüss Arlette
1
-
Sandra
Grüss Christiane
-
3
Nellie, Bridget et Maya
Kino's
-
2
-
Lanzac Roger
1
-
Beybi
Maximum
2
-
Betty & Tatcha
Médrano
2
3
Camela, Letchi & Mina
Moreno Bormann
2
-
Chaka et Zoulou
Pinder
-
2
Sabbah & Delhi
Zavatta Alain
2
-
Tembo et Kenya
Zavatta (Frères Prein)
-
2
Thay & Thich
Zavatta Lydia
3
-
-
Zavatta Louis
1
-
Indra
Zavatta Stéphane
-
1
Dumba
TOTAL
17
14
 


Le groupe le plus important est celui du cirque Médrano avec 2 éléphants d’Afrique et 3 éléphants d’Asie. 5 établissements (Continental circus, Alexis Grüss, Roger Lanzac, Louis et Stéphane Zavatta) possèdent 1 seul animal (femelle). La moyenne reste donc de 2 à 3 éléphants dans les 8 cirques restants.

Contrairement aux autres pays européens, les cirques français possèdent une majorité d’éléphants d’Afrique.

Les 3/4 des éléphants sont la propriété du cirque, le tiers restant étant loué pour la saison avec le dompteur.

Selon les registres EEP [4]– 83, 3 % des éléphants africains et 59,7 % des éléphants d’Asie actuellement dans les zoos ont été prélevés dans la nature.

Selon les sources dont nous disposons, la majorité des éléphants détenus dans les cirques français ont été capturés dans la nature, notamment en Thaïlande et au Zimbabwe.

L’achat d’un animal par un cirque sous-entend bien souvent le massacre d’autres éléphants.

Ces photos, extraites d’un document de Ian et Oria Douglas-Hamilton [5] retracent l’une de ces captures.
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Comme Samba, l’éléphante détenue dans le Continental circus, cet éléphanteau vient d’être témoin du massacre de sa famille. Les deux principales raisons de tels massacres sont le braconnage de l’ivoire et une soit-disant régulation des populations. Samba n’avait que quelques mois lorsque sa mère a été abattue au Kenya, il y a une quinzaine d’années.

Si certains éléphants sont restés célèbres, il ne faut pas oublier que cette « célébrité » n’a
été que le faire valoir des cirques pour attirer le public. L’éléphant n’a été ni demandeur
ni même bénéficiaire de cet attrait médiatique.


Très lié à sa mère et aux membres de la harde, cet
éléphanteau vit un véritable cauchemar. Terrorisé, entre l’envie de fuir les hommes et le besoin profond de rester auprès des siens, ce bébé n’a aucune chance d’échapper à la capture.


Enfermé et stressé, l’éléphanteau va être conduit vers un cirque occidental. Jamais il ne retrouvera sa liberté.

Chapitre 2 - La détention des éléphants dans les cirques

De la harde naturelle au milieu artificiel


La communication chez les éléphants est très développée. Le contact tactile et l’odorat revêtent une importance particulière même chez les adultes. Ils se touchent la bouche, les glandes temporales et les organes génitaux. La trompe, véritable outil de communication permet également de percevoir les éléments chimiques émis par les organes et les sécrétions.

L’enroulement des trompes peut être chez les femelles un rituel de salutations familiales, contrairement aux mâles qui pratiquent ce jeu pour tester leur force et leur statut [6].

Les femelles et les petits vivent en hardes assez stables. La « matriarche » sert de guide au troupeau qui peut compter plusieurs dizaines d’individus. Les mâles quant à eux vivent seuls ou en petits groupes.

Photo de Philippe de Almeida/One Voice

Les éléphants sont des animaux très fortement grégaires. Leur vie s’organise au contact de leurs congénères. Il existe, selon des zoologues, un « syndrome de la mort subite » qui peut se produire en captivité lors de la séparation d’un jeune éléphant de son groupe social ou lors de son transfert dans un nouvel enclos.

Certains observateurs parlent de manifestation d’affection et de tendresse de la part de ces animaux :

Lors de la mort d’éléphants, Cynthia Moss rapporte «qu’à plusieurs reprises, (ils l’entourent) en manifestant tous les signes de la tristesse et, s’il ne bouge toujours pas, ils s’arrêtent, hésitants. Ils se retournent alors vers l’extérieur, la trompe pendante. Au bout d’un moment, ils évoluent de nouveau en cercle, puis se replacent dos à dos » puis « ils arrachent des branches et des touffes d’herbes à la végétation environnante et les lâchent sur le cadavre ou les posent autour de lui». [7]

D’autres témoignages attestent d’opérations de sauvetages réalisées par des éléphants afin de libérer des membres de leur espèce mais aussi d’autres espèces (rhinocéros, ongulés...).

Le dresseur d’un petit cirque américain confia avoir vu Okha, son éléphant, pleurer de temps en temps et notamment lorsqu’il était réprimandé et une fois en portant des enfants sur son dos [8].
De telles manifestations de tristesse ont été observées à plusieurs reprises.

Cette organisation sociale très développée ne peut être restituée dans un cirque.

• La structure familiale et matriarcale étant inexistante.
• Les groupes étant réduits ou inexistants (1 seul individu)
• Les groupes étant artificiels (âges, caractères très différents)

Les cohabitations forcées conduisent très souvent à des conflits. Ainsi Népal, une des nouvelles venues du cirque Pinder, en provenance de Budapest, n’a pu s’entendre avec Delhi. Après quelques saisons, Népal a dû quitter la ménagerie.

• Les groupes étant instables et modifiés au fil du temps.
• Les contacts étant limités à cause des attaches (chaînes).

Selon le rapport établi par les scientifiques Hermann Gsandter, Helmut Pechlaner et Harald M.Schwammer «à cause de leurs caractéristiques biologiques entraînant un comportement social très développé, il est impossible pour les cirques de détenir des éléphants dans des conditions en accord avec les besoins de chaque animal.» [9].

Du nomadisme à la captivité

Les zones d’habitat peuvent varier de 15-20 km2 à 500-1500 km2 selon la nourriture disponible et selon la présence d’autres éléphants. Ces zones forment des circuits connus comme des migrations « d’allées et venues » saisonnières. Mais afin de rechercher de la nourriture, de l’eau et des sels minéraux, les pachydermes peuvent entreprendre une migration « à sens unique » sur plusieurs milliers de kilomètres.
Ces différentes migrations sont directement liées à l’organisation sociale, la matriarche guidant le troupeau. Même s’il s’agit d’une nécessité, il en ressort donc que la marche reste une constante de ces animaux nomades. La morphologie est adaptée à cette mobilité.
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Les éléphants dorment très peu – somnolent environ 4 heures par jour, et ne dorment couchés que 2-3 heures par nuit.

Le caractère itinérant des cirques conduit à une réduction du « territoire » de l’animal. Une majorité des éléphants sont condamnés à l’immobilisme, les chaînes en sont l’expression la plus symbolique.

Jean-Yves Domalain, ancien trafiquant d’animaux témoigne : « Je pense qu’à la place de ces artistes, enfermés 23 h 45’ sur 24 h, vivant sur la paille humide, tabassés par des gardiens ou maîtres sans scrupule ni pitié, alimentés seulement après avoir effectué mes pitreries... j’attendrais le quart d’heure de travaille avec impatience, ce n’est pas pour autant que je me croirais au paradis ».

-> Betty et Tatcha, 2 éléphantes capturées au Zimbabwe dans les années 80, sont entravées dans un camion du cirque Maximum. Elles ne sont détachées que pour aller faire leur numéro…

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Afin de justifier leur profession, des dresseurs affirment que leurs éléphants ont la « chance » de pouvoir faire de l’exercice lors des numéros en piste.
Il est important de noter que cette sortie quotidienne ne représente que 15 minutes sur 24 heures et que celle-ci est souvent source de craintes, de stress et de douleurs comme nous le verrons dans la troisième partie.
Ce quart d’heure « d’exercice » ne saurait représenter un palliatif pour un animal nomade et remplacer les 17 km de marche quotidienne.

Les plus grands cirques (Arlette Grüss, Médrano, Pinder, Amar) installent leurs éléphants dans une tente spécifique. Séparés du public par une clôture électrique,
les animaux ne sont pas entravés en permanence, mais restent néanmoins condamnés à l’enfermement et à l’ennui.

-> Éléphants enchaînés dans une tente du cirque Amar.


L’EAZA [10] préconise des enclos d’un minimum de 400 m2 pour 3 animaux avec 100 m2 pour chaque animal supplémentaire (ces superficies ne prennent pas en compte les superficies intérieures de 36 à 55 m2). Selon Ros Clubb & Georgia Mason du département de zoologie de l’université d’Oxford [11], le minimum requis devrait être de 60 à 100 fois supérieur à ces tailles recommandées pour les enclos extérieurs. Dans les 2 cas, les cirques sont bien loin de ces recommandations, d’autant que lors du transport et la nuit, les animaux restent attachés pour des raisons pratiques.

Afin d’éviter que l’animal se couche, les attaches se font à une patte antérieure et à la patte postérieure opposée. Ce type de contention limite le contact social [12] et accentue le stress, aucune possibilité de réaction de défense ou de repli n’étant possible. Très craintifs, certains pachydermes se blessent avec les chaînes et peuvent rester bloqués dans des positions inconfortables et douloureuses.

De l’omniprésence à l’absence de bains

Les points d’eau sont un élément très important pour les éléphants d’Afrique et pour ceux d’Asie. Ils y boivent fréquemment (quand ils le peuvent) et régulièrement.
La quantité d’eau nécessaire à un éléphant est estimée de 80 à 160 litres par jour. Il y puise notamment des substances minérales et du sel.

La toilette et l’hygiène font partie intégrante de leur quotidien. Ils se baignent et lorsqu’il n’y a pas assez d’eau, ils se couchent dans la boue, s’aspergent, pataugent... Cette baignade dure de 2,1 à 2,6 heures par jour [13]. Ces baignades sont des actes de plaisir, d’hygiène et de socialisation.

Les éléphants sont d’excellents nageurs, parmi les meilleurs des animaux terrestres. Il a ainsi été vu à plusieurs reprises, des éléphants nager 6 heures d’affilée, sans avoir pied... [14]

La structure de la peau faite de nombreux bourrelets et de nombreux replis est un terrain propice aux parasites. Les éléphants ne bénéficiant pas de l’aide des oiseaux déparasiteurs (tels que les buphagas), les bains de poussière et de boue sont indispensables pour les soins d’hygiène, ainsi que pour assurer une protection efficace contre les coups de soleil.


Dans les cirques (petits et grands), il est de coutume de n’abreuver les pachydermes que très tôt le matin et très tard le soir après la dernière représentation afin d’éviter que la piste ne soit souillée par l’urine. Si l’animal n’effectue pas correctement son numéro, il n’obtiendra pas l’eau tant attendue...
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Les baignades, les bains de boue et de poussière sont inexistants, malgré la place prédominante que ces activités prennent dans la nature.

Du musth à l’absence d’accouplement

Une fois par an, les éléphants mâles (africains et asiatiques) entrent en musth. La glande temporale, située entre l’œil et l’oreille, secrète un liquide sombre, visqueux et odorant. Le musth s’accentue jusqu’à l’âge de 40 ans environ pour diminuer ensuite. L’accouplement n’a lieu qu’après cette période qui représente une sorte de jeu de séduction. Les femelles africaines peuvent également entrer en musth de manière atténuée. En captivité, cette période peut s’étendre d’une journée à 11 mois par an contre 1 journée à 34 jours chez les mâles asiatiques sauvages [15]. Durant cette période, les animaux sont particulièrement agressifs et imprévisibles, ils sont alors beaucoup moins obéissants et potentiellement dangereux.

Dans les cirques, ces animaux en musth représentent un véritable danger tant pour le public que pour eux-mêmes. Tous ces préliminaires à l’accouplement mènent à une impasse. La souffrance est accentuée lorsque les animaux sont enchaînés.
Selon Monsieur Cagniac, responsable du cirque Alain Zavatta, le mâle africain Tembo ne peut plus participer au spectacle à cause de sa dangerosité. On imagine sans peine, le calvaire que doit vivre ce grand mâle enchaîné et prostré dans le fond d’un camion sans aucune possibilité d’en sortir.

De la nature à la dénaturation...

L’anatomie de l’éléphant est adaptée au biotope dans lequel il vit. Un tel animal arraché du milieu pour lequel il est adapté n’offre plus qu’une représentation de lui-même.

La trompe qui lui permet entre autres de brouter et de boire est un organe allongé pouvant lui permettre d’attraper les hautes branches ou lui permettant de creuser des trous de plusieurs mètres afin d’atteindre des points d’eau riches en minéraux. Elle est également un outil indispensable pour les baignades, les bains de poussière, l’orientation ; la trompe fait alors office de radar et même d’arme.

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Les défenses
sont avant tout un outil complémentaire de la trompe pour déterrer les racines, arracher les écorces, creuser la terre. Comme la trompe, elles peuvent être utilisées pour se défendre ou pour faire valoir sa place de dominant.

Les oreilles (représentant un sixième de la surface du corps) de l’éléphant d’Afrique sont adaptées aux hautes températures, elles font office de régulateur thermique en éliminant le surplus de chaleur.
La claustration d’un tel animal dans un milieu artificiel pousse à sa dénaturation. Son anatomie spécifique tend à devenir inutile voir superflue. L’éléphant dans le cirque est privé de sa sociabilité, de son nomadisme, de ses propres soins, de ses jeux, de sa sexualité et enfin de la finalité de ses attributs (trompes, défenses, oreilles...). Extirpé de sa propre nature, l’éléphant n’est plus qu’une représentation physique de lui-même.

Aujourd’hui de plus en plus de spectateurs, sensibilisés par la fragilité du monde animal, prennent conscience que cette image policée, que veulent nous montrer les gens du cirque, cache en réalité détresse et souffrances.

> Suite du rapport



[1] Jackson Peter, 1991, Espèces en danger - Eléphants, Naturalia
[2]
Hamel Christian, 2001 – Les éléphants dans les cirques, L’aventure Carto
[3] Jackson Peter, 1991, Espèces en danger – Éléphants, Naturalia
[4] Europäiches Erhaltungszuchtprogramm, Programme Européen d’Élevage
[5] Douglas-Hamilton Ian et Oria, 1992, Battle for Elephants, Ed. Doubleday – Photos extraite du site : www.dauphinlibre.be
[6] Payne Katherine B. et Langbauer William R., Jr, La communication chez les éléphants in Shoshani...
[7] Moss Cynthia, 1988, Elephant Memories, pp. 272-273 – William Morrow and Co
[8] Frey William H., 1985, Crying : the Mystery of tears, p. 141, Harper & Row/Winston Press
[9] Gsandter Mag. Hermann, Pechlaner Helmut Dr., Schwammer Harald Dr, 1997. « Guidelines for the keeping of wild animals in circuses » Bureau du Commissaire à l’environnement de Vienne.
[10] European Association of Zoos and Aquaria
[11] Clubb Ros and Mason Georgia, 2002, A Review of the welfare of Zoo Elephants in Europe, Université d’Oxford /RSPCA,
[12]Galloway, M. Update on 1990, chaining survey. Proceeding of the 12th international Elephant Workshop, Syracuse, NY
[13] Gsandter Mag. Hermann, Pechlaner Helmut Dr., Schwammer Harald Dr, 1997. « Guidelines for the keeping of wild animals in circuses » Bureau du Commissaire à l’environnement de Vienne.
[14] Shoshani Jeheskel (Dr) sous la direction de., 1992, Les éléphants, Bordas
[15] Shoshani Jeheskel (Dr) sous la direction de., 1992, Les éléphants, Bordas

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