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"Une fable indienne raconte l’histoire de six aveugles auxquels on demanda de décrire un
éléphant. Le premier, lui touchant le flanc, le décrivit comme un mur, le deuxième palpa l’oreille et déclara : « c’est un éventail » ; le troisième, auscultant la patte, prétendit : « C’est un arbre » ; le quatrième prit la trompe pour un serpent, tandis que le suivant, après avoir tâté les défenses opta pour une lance. Enfin le dernier qui s’était saisi de la queue affirma : « l’éléphant n’est qu’une corde ». Les représentations que l’on se fait aujourd’hui de l’éléphant sont tout aussi variées. Pour les uns, c’est une créature magnifique, symbole de la nature sauvage ; pour d’autres, il s’agit d’un animal de labeur, à la force étonnante : enfin certains ne voient en lui qu’une source d’ivoire de cuir ou de viande. Il en est même qui le trouvent ridicule, tout juste bon à exécuter un numéro de cirque... [1]
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Chapitre 1 - États des lieux
C’est
dans la seconde moitié du XIXe, soit près
d’un siècle après la création
du cirque moderne par Philip Astley, que les éléphants
font leur apparition en nombre sur les pistes.
La recherche de l’exotisme, liée aux conquêtes
coloniales, ouvre la voie à un vaste marché
d’animaux entre les pays colonisés et les pays
occidentaux. Les Allemands Charles Reiche, Ruhe et Carl
Hagenbeck sont les principaux représentants de ce
commerce [2]. Ce dernier importe en 1863 jusqu’à
63 éléphants de Ceylan principalement pour
les cirques américains où l’éléphant
devient un faire valoir. Un vaste pillage de la nature s’amorce
pour répondre à la demande des ménageries,
des zoos puis des cirques occidentaux.
Afin de répondre à cette demande d’exotisme
des pays européens et américains les indigènes
sont embarqués avec les espèces animales locales,
les lapons avec les phoques, les esquimaux avec les morses,
et les cinghalais avec les éléphants. La presse
parisienne parle de «bande d’animaux exotiques,
accompagnés par des individus non moins singuliers».
Ce n’est donc pas un hasard, si c’est aux États-Unis
où les cirques – ménageries sont les
plus imposants, avec des troupeaux de plusieurs dizaines
d’éléphants, que l’exhibition
des indigènes puis des « freaks show »
connaît le plus de succès.
Ce goût du public pour le « curieux »
le pousse sans discernement à cautionner l’exploitation
d’ethnies, d’êtres humains atteints de
malformations ou d’animaux exotiques. Le film de David
Lynch, Elephant Man synthétise à lui seul
cette perversion face à l’exhibition de la
différence. L’exhibé n’est plus
qu’une chose, qu’une représentation sans
âme pour ne pas dire sans intérêt.
Si l’évolution des mentalités a eu raison
des « zoos humains » dans les années
1930 à 1950, elle n’a pas mis un terme à
l’exhibition des animaux sauvages.
Selon Peter Jackson, plus de 250 éléphants
furent importés de l’Asie du Sud Est vers les
cirques d’Europe et d’Amérique du Nord
en 1950 [3]. Les cirques français s’approvisionnant
principalement au Cambodge et en Indochine.
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Il ressort clairement que les éléphants ne sont pas un élément fondateur du cirque traditionnel, mais bien un ajout issu des conquêtes coloniales du XIXe siècle. |
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Selon
Dan Koehl, il y aurait environ 288 éléphants dans
83 cirques en Europe, majoritairement des éléphants
d’Asie.
Les enquêtes de One Voice révèlent la présence
d’une trentaine de « géants gris »
dans une quinzaine de cirques.
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Nom
du cirque |
Eléphants
d'Afrique |
Eléphants
d'Asie |
Prénoms |
|
Amar |
2 |
- |
Rosa
& Bamby |
|
Continental
Circus |
1 |
- |
Samba |
|
Grüss
Alexis |
- |
1 |
Syndha |
|
Grüss
Arlette |
1 |
- |
Sandra |
|
Grüss
Christiane |
- |
3 |
Nellie,
Bridget et Maya |
|
Kino's |
- |
2 |
- |
|
Lanzac
Roger |
1 |
- |
Beybi |
|
Maximum |
2 |
- |
Betty
& Tatcha |
|
Médrano |
2 |
3 |
Camela,
Letchi & Mina |
|
Moreno
Bormann |
2 |
- |
Chaka
et Zoulou |
|
Pinder |
-
|
2 |
Sabbah
& Delhi |
|
Zavatta
Alain |
2 |
- |
Tembo
et Kenya |
|
Zavatta
(Frères Prein) |
- |
2 |
Thay
& Thich |
|
Zavatta
Lydia |
3 |
- |
- |
|
Zavatta
Louis |
1 |
- |
Indra |
|
Zavatta
Stéphane |
- |
1 |
Dumba |
|
TOTAL |
17 |
14 |
|
Le groupe le plus important est celui du cirque
Médrano avec 2 éléphants d’Afrique
et 3 éléphants d’Asie. 5 établissements
(Continental circus, Alexis Grüss, Roger Lanzac, Louis
et Stéphane Zavatta) possèdent 1 seul animal (femelle). La moyenne
reste donc de 2 à 3 éléphants dans les
8 cirques restants.
Contrairement aux autres pays européens, les cirques
français possèdent une majorité d’éléphants
d’Afrique.
Les 3/4 des éléphants sont la propriété
du cirque, le tiers restant étant loué pour la
saison avec le dompteur.
Selon les registres EEP [4]– 83, 3 % des éléphants
africains et 59,7 % des éléphants d’Asie
actuellement dans les zoos ont été prélevés
dans la nature.
Selon les sources dont nous disposons, la majorité des
éléphants détenus dans les cirques français
ont été capturés dans la nature, notamment
en Thaïlande et au Zimbabwe.
L’achat d’un animal par un cirque sous-entend bien
souvent le massacre d’autres éléphants.
Ces photos, extraites d’un document de Ian et Oria Douglas-Hamilton
[5] retracent l’une de ces captures.
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Comme
Samba, l’éléphante détenue dans
le Continental circus, cet éléphanteau vient
d’être témoin du massacre de sa famille.
Les deux principales raisons de tels massacres sont le braconnage
de l’ivoire et une soit-disant régulation des
populations. Samba n’avait que quelques mois lorsque
sa mère a été abattue au Kenya, il y a une
quinzaine d’années.
Si
certains éléphants sont restés célèbres,
il ne faut pas oublier que cette « célébrité
» n’a
été que le faire valoir des cirques pour attirer
le public. L’éléphant n’a été
ni demandeur
ni même bénéficiaire de cet attrait médiatique.
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Très lié à sa mère et aux membres de la harde, cet
éléphanteau vit un véritable cauchemar.
Terrorisé, entre l’envie de fuir les hommes et le besoin profond de rester auprès des siens, ce bébé n’a aucune chance d’échapper à la capture. |
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| Enfermé et stressé, l’éléphanteau va être conduit vers un cirque occidental. Jamais il ne retrouvera sa liberté. |
Chapitre
2 - La détention des éléphants dans
les cirques
De la harde naturelle
au milieu artificiel
La communication chez les éléphants est très
développée. Le contact tactile et l’odorat
revêtent une importance particulière même
chez les adultes. Ils se touchent la bouche, les glandes
temporales et les organes génitaux. La trompe, véritable
outil de communication permet également de percevoir
les éléments chimiques émis par les
organes et les sécrétions.
L’enroulement des trompes peut être
chez les femelles un rituel de salutations familiales, contrairement
aux mâles qui pratiquent ce jeu pour tester leur force
et leur statut [6].
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Les femelles et les petits vivent en hardes assez stables. La « matriarche » sert de guide au troupeau qui peut compter plusieurs dizaines d’individus. Les mâles quant à eux vivent seuls ou en petits groupes.
Photo de Philippe de Almeida/One Voice |
Les
éléphants sont des animaux très fortement
grégaires. Leur vie s’organise au contact de
leurs congénères. Il existe, selon des zoologues,
un « syndrome de la mort subite » qui peut se
produire en captivité lors de la séparation
d’un jeune éléphant de son groupe social
ou lors de son transfert dans un nouvel enclos.
Certains observateurs parlent de manifestation d’affection
et de tendresse de la part de ces animaux :
Lors de la mort
d’éléphants, Cynthia Moss rapporte «qu’à
plusieurs reprises, (ils l’entourent) en manifestant
tous les signes de la tristesse et, s’il ne bouge toujours
pas, ils s’arrêtent, hésitants. Ils se
retournent alors vers l’extérieur, la trompe
pendante. Au bout d’un moment, ils évoluent de
nouveau en cercle, puis se replacent dos à dos »
puis « ils arrachent des branches et des touffes d’herbes
à la végétation environnante et les lâchent
sur le cadavre ou les posent autour de lui». [7]
D’autres témoignages attestent d’opérations
de sauvetages réalisées par des éléphants
afin de libérer des membres de leur espèce mais
aussi d’autres espèces (rhinocéros, ongulés...).
Le dresseur d’un petit cirque américain confia
avoir vu Okha, son éléphant, pleurer de temps
en temps et notamment lorsqu’il était réprimandé
et une fois en portant des enfants sur son dos [8].
De telles manifestations de tristesse ont été
observées à plusieurs reprises.
Cette organisation sociale très développée
ne peut être restituée dans un cirque.
• La structure familiale et matriarcale étant
inexistante.
• Les groupes étant réduits ou inexistants
(1 seul individu)
• Les groupes étant artificiels (âges,
caractères très différents)
Les cohabitations forcées conduisent très souvent
à des conflits. Ainsi Népal, une des nouvelles
venues du cirque Pinder, en provenance de Budapest, n’a
pu s’entendre avec Delhi. Après quelques saisons,
Népal a dû quitter la ménagerie.
• Les groupes étant instables et modifiés
au fil du temps.
• Les contacts étant limités à
cause des attaches (chaînes).
Selon le rapport établi par les scientifiques Hermann
Gsandter, Helmut Pechlaner et Harald M.Schwammer «à
cause de leurs caractéristiques biologiques entraînant
un comportement social très développé,
il est impossible pour les cirques de détenir des éléphants
dans des conditions en accord avec les besoins de chaque animal.»
[9]. Du
nomadisme à la captivité
Les zones d’habitat peuvent varier de 15-20 km2 à
500-1500 km2 selon la nourriture disponible et selon la présence
d’autres éléphants. Ces zones forment
des circuits connus comme des migrations « d’allées
et venues » saisonnières. Mais afin de rechercher
de la nourriture, de l’eau et des sels minéraux,
les pachydermes peuvent entreprendre une migration «
à sens unique » sur plusieurs milliers de kilomètres.
Ces différentes migrations sont directement liées
à l’organisation sociale, la matriarche guidant
le troupeau. Même s’il s’agit d’une
nécessité, il en ressort donc que la marche
reste une constante de ces animaux nomades. La morphologie
est adaptée à cette mobilité.
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Les éléphants dorment très peu – somnolent environ 4 heures par jour, et ne dorment couchés que 2-3 heures par nuit.
Le caractère itinérant des cirques conduit à une réduction du « territoire » de l’animal. Une majorité des éléphants sont condamnés à l’immobilisme, les chaînes en sont l’expression la plus symbolique.
Jean-Yves Domalain, ancien trafiquant d’animaux
témoigne : « Je pense qu’à la place
de ces artistes, enfermés 23 h 45’ sur 24 h,
vivant sur la paille humide, tabassés par des gardiens ou maîtres sans scrupule
ni pitié, alimentés seulement après avoir
effectué mes pitreries... j’attendrais le quart
d’heure de travaille avec impatience, ce n’est
pas pour autant que je me croirais au paradis ».
->
Betty et Tatcha, 2 éléphantes capturées au Zimbabwe dans les années 80, sont entravées dans un camion du cirque Maximum. Elles ne sont détachées que pour aller faire leur numéro…
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Afin
de justifier leur profession, des dresseurs affirment que leurs
éléphants ont la « chance » de pouvoir
faire de l’exercice lors des numéros en piste.
Il est important de noter que cette sortie quotidienne ne représente
que 15 minutes sur 24 heures et que celle-ci est souvent source
de craintes, de stress et de douleurs comme nous le verrons
dans la troisième partie.
Ce quart d’heure « d’exercice » ne saurait
représenter un palliatif pour un animal nomade et remplacer
les 17 km de marche quotidienne. |
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Les
plus grands cirques (Arlette Grüss, Médrano, Pinder,
Amar) installent leurs éléphants dans une tente
spécifique. Séparés du public par une
clôture électrique,
les animaux ne sont pas entravés en permanence, mais
restent néanmoins condamnés à l’enfermement
et à l’ennui.
-> Éléphants
enchaînés dans une tente du cirque Amar. |
L’EAZA
[10] préconise des enclos d’un minimum de 400
m2 pour 3 animaux avec 100 m2 pour chaque animal supplémentaire
(ces superficies ne prennent pas en compte les superficies
intérieures de 36 à 55 m2). Selon Ros Clubb
& Georgia Mason du département de zoologie de l’université
d’Oxford [11], le minimum requis devrait être
de 60 à 100 fois supérieur à ces tailles
recommandées pour les enclos extérieurs. Dans
les 2 cas, les cirques sont bien loin de ces recommandations,
d’autant que lors du transport et la nuit, les animaux
restent attachés pour des raisons pratiques.
Afin d’éviter que l’animal se couche, les
attaches se font à une patte antérieure et à
la patte postérieure opposée. Ce type de contention
limite le contact social [12] et accentue le stress, aucune
possibilité de réaction de défense ou
de repli n’étant possible. Très craintifs,
certains pachydermes se blessent avec les chaînes et
peuvent rester bloqués dans des positions inconfortables
et douloureuses.
De
l’omniprésence à l’absence de bains
Les points d’eau sont un élément très
important pour les éléphants d’Afrique
et pour ceux d’Asie. Ils y boivent fréquemment
(quand ils le peuvent) et régulièrement.
La quantité d’eau nécessaire à
un éléphant est estimée de 80 à
160 litres par jour. Il y puise notamment des substances minérales
et du sel.
La toilette et l’hygiène font partie intégrante
de leur quotidien. Ils se baignent et lorsqu’il n’y
a pas assez d’eau, ils se couchent dans la boue, s’aspergent,
pataugent... Cette baignade dure de 2,1 à 2,6 heures
par jour [13]. Ces baignades sont des actes de plaisir, d’hygiène
et de socialisation.
Les éléphants sont d’excellents nageurs,
parmi les meilleurs des animaux terrestres. Il a ainsi été
vu à plusieurs reprises, des éléphants
nager 6 heures d’affilée, sans avoir pied...
[14]
La structure de la peau faite de nombreux bourrelets et de
nombreux replis est un terrain propice aux parasites. Les
éléphants ne bénéficiant pas de
l’aide des oiseaux déparasiteurs (tels que les
buphagas), les bains de poussière et de boue sont indispensables
pour les soins d’hygiène, ainsi que pour assurer
une protection efficace contre les coups de soleil.
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Dans les cirques (petits et grands), il est de coutume de n’abreuver les pachydermes que très tôt le matin et très tard le soir après la dernière représentation afin d’éviter que la piste ne soit souillée par l’urine. Si l’animal n’effectue pas correctement son numéro, il n’obtiendra pas l’eau tant attendue... |
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Les
baignades, les bains de boue et de poussière sont inexistants,
malgré la place prédominante que ces activités
prennent dans la nature.
Du musth à
l’absence d’accouplement
Une fois par an, les éléphants mâles (africains
et asiatiques) entrent en musth. La glande temporale, située
entre l’œil et l’oreille, secrète un
liquide sombre, visqueux et odorant. Le musth s’accentue
jusqu’à l’âge de 40 ans environ pour
diminuer ensuite. L’accouplement n’a lieu qu’après
cette période qui représente une sorte de jeu
de séduction. Les femelles africaines peuvent également
entrer en musth de manière atténuée. En
captivité, cette période peut s’étendre
d’une journée à 11 mois par an contre 1
journée à 34 jours chez les mâles asiatiques
sauvages [15]. Durant cette période, les animaux sont
particulièrement agressifs et imprévisibles, ils
sont alors beaucoup moins obéissants et potentiellement
dangereux.
Dans les cirques, ces animaux en musth représentent un
véritable danger tant pour le public que pour eux-mêmes.
Tous ces préliminaires à l’accouplement
mènent à une impasse. La souffrance est accentuée
lorsque les animaux sont enchaînés.
Selon Monsieur Cagniac, responsable du cirque Alain Zavatta,
le mâle africain Tembo ne peut plus participer au spectacle
à cause de sa dangerosité. On imagine sans peine,
le calvaire que doit vivre ce grand mâle enchaîné
et prostré dans le fond d’un camion sans aucune
possibilité d’en sortir.
De la nature
à la dénaturation...
L’anatomie de l’éléphant est adaptée
au biotope dans lequel il vit. Un tel animal arraché
du milieu pour lequel il est adapté n’offre plus
qu’une représentation de lui-même. |
 |
La trompe qui lui permet entre autres de brouter et de boire est un organe allongé pouvant lui permettre d’attraper les hautes branches ou lui permettant de creuser des trous de plusieurs mètres afin d’atteindre des points d’eau riches en minéraux. Elle est également un outil indispensable pour les baignades, les bains de poussière, l’orientation ; la trompe fait alors office de radar et même d’arme. |
-
Les
défenses sont avant
tout un outil complémentaire de la trompe pour déterrer
les racines, arracher les écorces, creuser la terre.
Comme la trompe, elles peuvent être utilisées
pour se défendre ou pour faire valoir sa place de dominant.
Les oreilles (représentant un sixième
de la surface du corps) de l’éléphant
d’Afrique sont adaptées aux hautes températures,
elles font office de régulateur thermique en éliminant
le surplus de chaleur.
La claustration d’un tel animal dans un milieu artificiel
pousse à sa dénaturation. Son anatomie spécifique
tend à devenir inutile voir superflue. L’éléphant
dans le cirque est privé de sa sociabilité,
de son nomadisme, de ses propres soins, de ses jeux, de sa
sexualité et enfin de la finalité de ses attributs
(trompes, défenses, oreilles...). Extirpé de
sa propre nature, l’éléphant n’est
plus qu’une représentation physique de lui-même.
Aujourd’hui de plus en plus de spectateurs, sensibilisés
par la fragilité du monde animal, prennent conscience
que cette image policée, que veulent nous montrer les
gens du cirque, cache en réalité détresse
et souffrances.
>
Suite du rapport
|

[1] Jackson Peter, 1991, Espèces en danger - Eléphants, Naturalia
[2] Hamel Christian, 2001 – Les éléphants dans les cirques, L’aventure Carto
[3] Jackson Peter, 1991, Espèces en danger – Éléphants, Naturalia
[4] Europäiches Erhaltungszuchtprogramm, Programme Européen
d’Élevage
[5] Douglas-Hamilton Ian et Oria, 1992, Battle for Elephants,
Ed. Doubleday – Photos extraite du site : www.dauphinlibre.be
[6] Payne Katherine B. et Langbauer William R., Jr, La communication
chez les éléphants in Shoshani...
[7] Moss Cynthia, 1988, Elephant Memories, pp. 272-273 – William Morrow and Co
[8] Frey William H., 1985, Crying : the Mystery of tears, p.
141, Harper & Row/Winston Press
[9] Gsandter Mag. Hermann, Pechlaner Helmut Dr., Schwammer
Harald Dr, 1997. « Guidelines for the keeping of wild
animals in circuses » Bureau du Commissaire à
l’environnement de Vienne.
[10] European Association of Zoos and Aquaria
[11] Clubb Ros and Mason Georgia, 2002, A Review of the welfare
of Zoo Elephants in Europe, Université d’Oxford /RSPCA,
[12]Galloway, M. Update on 1990, chaining survey. Proceeding
of the 12th international Elephant Workshop, Syracuse, NY
[13] Gsandter Mag. Hermann, Pechlaner Helmut Dr., Schwammer
Harald Dr, 1997. « Guidelines for the keeping of wild animals in circuses » Bureau du Commissaire
à l’environnement de Vienne.
[14] Shoshani Jeheskel (Dr) sous la direction de., 1992, Les éléphants, Bordas
[15] Shoshani Jeheskel (Dr) sous la direction de., 1992, Les éléphants, Bordas
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