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Chapitre 3 - Le dressage des éléphants dans les cirques
Coercition et chantage
Le dressage des éléphants dure entre 2 et 3 ans, il s’agit donc de soumettre l’animal pour l’habituer à effectuer un certain nombre d’actions (16). Cette période d’apprentissage débute lorsque l’animal est sevré.
Le dressage se base sur la domination. Le dresseur s’impose en dominant du groupe et maintient la subordination de l’éléphant par le biais de la punition physique et psychologique |
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La dénaturation, exposée ci-dessus, permet d’extirper l’animal de son groupe social matriarcal et ainsi de bâtir une nouvelle hiérarchie fondée sur la peur du dresseur. |
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La pique ou "ankus" est utilisée comme un signal
constant pour rappeler à l'animal sa place de soumis. |
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Bucky Steel, propriétaire d’un ranch d’éléphants au Texas explique les différentes étapes du dressage d’un éléphant (17) :
• «Dressage en écurie» : Cette période « d’imprégnation » permet d’habituer l’animal à la circulation du public, aux éclairages, à la musique et à toutes les contraintes associées à ces démonstrations. Cette période de pré-dressage est tout à fait hypothétique dans les cirques français, les éléphants étant souvent dressés dans les quartiers d’hiver.La pique ou «ankus» est utilisée comme un signal constant pour rappeler à l’animal sa place de soumis.
• De la soumission à la coercition… : B. Steel insiste sur la nécessité d’aider l’éléphant à surmonter son instinct de conservation primitif et lui apprendre à vous faire confiance et à se sentir à l’aise. Il reconnaît qu’au cours du dressage la plupart des éléphants deviennent nerveux et font des saletés...
Cette nervosité et cette peur seraient non seulement liées à la perte des repères inhérents à la nature même de l’animal (groupe social notamment), mais également aux méthodes utilisées pour plier l’éléphant au bon vouloir du dresseur.
L’enchaînement est pratiqué quotidiennement, l’éléphant ne sera alors abreuvé et nourri qu’une fois attaché. Cette méthode de coercition est couramment utilisée en France.
L’étape suivante consiste à apprendre à l’animal à lever le pied pour mettre la chaîne avant, puis à reculer pour mettre la chaîne arrière. Lui apprendre à reculer nécessite l’utilisation d’un « crochet »... |
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Ce crochet ou pique (ankus) est acéré et pointu. Il sert à tirer l’animal ou à lui infliger une correction. Le dresseur assène des coups derrière la patte antérieure (ou commencent les tétines) et derrière les oreilles, zones particulièrement sensibles.
Son utilisation est constante afin de rappeler l’animal à l’ordre à chaque écart. |
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Lors de notre commande à une société de fourniture pour les cirques, les vendeurs nous ont conseillé la pique ci-dessus, celle-ci « ne rouillant pas et donc ne risquant pas d’infecter la plaie de l’animal ». En effet, malgré son apparence de cuirasse, la peau de l’éléphant est extrêmement sensible. De simples piqûres de taons peuvent la faire saigner. |
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Indra, cette jeune éléphante d’Afrique d’une vingtaine d’années, est exhibée dans un marché sous la menace d’une pique, afin de faire la promotion du cirque Louis Zavatta.
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| Le public émerveillé par les numéros de trapézistes et de clowns est loin de s’imaginer la violence qui se cache derrière le strass et les paillettes. Aussi, est-il nécessaire de camoufler au mieux cet instrument de torture. Il est donc d’usage de le recouvrir de petites lanières – lui donnant ainsi l’apparence d’une fleur... |
Témoignages de Vladimir Deriabkine (ancien dresseur)
«Vous avez sans doute remarqué que tous les dresseurs d’éléphants, pendant les représentations, ont à la main une cravache de cuir ornée d’une fleur au bout. Le dresseur s’approche de l’animal, fait un geste gracieux de la main et l’éléphant, comme s’il obéissait à la fleur, se dirige gentiment vers l’endroit qu’on lui indique. Mais aucun des spectateurs ne sait que la magnifique rose cache en fait un crochet acéré, qui viendra se planter dans l’oreille de l’éléphant au moindre signe de désobéissance. C’est ainsi dans tous les cirques du monde.» |
Des numéros « contre-nature »
Se coucher
Apprendre à un éléphant à se coucher, c’est lui apprendre une position « contre-nature ». Cette position étant une mise à découvert de l’animal qui ne peut alors plus se défendre.
Il est donc nécessaire d’utiliser des câbles ou des cordes pour imposer cette position à l’éléphant.
Le poirier
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«Des tests ont montré que chez un mâle asiatique mesurant 2,90 mètre au garrot et pesant 4,2 tonnes, le poids est réparti sur la surface de contact avec le sol de telle sorte que chaque centimètre carré ne supporte qu’une pression de 600 g» (18)
Le poids conjugué de la nuque, de la tête, de la trompe et des défenses sur les membres antérieurs rend par conséquent très difficiles les descentes. Les éléphants se laissent donc glisser. La position du poirier est une posture très dommageable pour les articulations, tout le poids de l’animal étant concentré sur ses deux pieds avant. |
Les Dr Helmut Pechlaner et Harald Schwammer considèrent que «Ces positions peuvent causer des blessures aux articulations et aux disques intervertébraux des éléphants adultes, ainsi que des fissures dans les ongles. Quant aux exercices d’équilibre, ils peuvent être à l’origine de dérangements moteurs dans les articulations du coude et du genou» (19).
Cette posture étant étrangère et douloureuse pour l’animal, elle ne peut être obtenue que par la force. La douleur assénée par les coups de pique doit alors dépasser en intensité la douleur de la posture elle-même.
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Témoignage
Spécialiste des animaux, Boris Brock décrivit la vie sous les chapiteaux ; il observa le dompteur Gunther Gebel à l’œuvre au cirque américain Ringling Brother, Barnum & Bailey. Ici Titschi doit apprendre à faire le « poirier ». L’éléphante n’étant pas assez rapide au goût de Gebel, il lui assène un coup derrière l’oreille avec une canne armée de pointes accérées. Titschi souffre. Gémissant, elle pose son front ridé sur le sol, enroule prudemment sa trompe et hisse son postérieur. Dans cette posture pénible, elle tourne un regard soumis vers son maître. Ce spectacle grotesque n’a rien de réjouissant. Gebel la récompense d’une banane. « Mes éléphants ne sont pas assez obéissants. D’autres dompteurs sont plus fermes... » ajoute-t-il (20). |
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Marcher sur les « genoux »
Le dresseur Pedro Marceau impose une position qu’il qualifie lui-même de « très difficile pour les éléphants». Samba, chevauchée par une femme, tremble sur ses genoux ..., la position est douloureuse. Mais le dresseur, une pique à la main, ne lui laissera pas l’opportunité de présenter un refus.
Selon Martin Saller et Karl Gröning (1998), « le simple fait de s’agenouiller sur les deux pattes représente une forte contrainte pour les articulations et la colonne vertébrale de l’éléphant » (20) |
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Sur les pattes arrières
Même si occasionnellement dans la nature, les éléphants se dressent sur les pattes arrières pour attraper des hautes branches, la répétition de cet exercice dans les cirques peut conduire à de sérieux problèmes de santé particulièrement douloureux pour l’animal : enflures des articulations, bursite et épanchement autour du coude... |
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S’asseoir
Faire asseoir un éléphant conduit à une pression excessive sur le diaphragme pouvant causer une hernie «en quel cas la paroi musculaire se rompt et les organes internes sont poussés à traverscette déchirure. C’est un état grave qui peut entraîner la mort si les organes concernés par le prolapsus (intestins, vessie, utérus) subissent un étranglement et se nécrosent».
-> Sabbah & Delhi au cirque Pïnder |

Kenya du cirque Alain Zavatta contrainte de déféquer avant l’entrée en piste
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Cette pression interne causée lors de ces exercices est bien connue des dompteurs dans le milieu du cirque, ceux-ci font commande couramment à leurs éléphants de déféquer avant d’entrer en piste pour éviter que cela n’arrive pendant le numéro» (22).
En Inde, la position debout sur les pattes arrière ou sur un objet sphérique est interdite selon la législation sur la prévention de la cruauté envers les animaux (21). Or en France, ces numéros d’équilibre sont répandus dans tous les cirques utilisant des pachydermes. |
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Selon Kuntze (22) qui a suivi de nombreux éléphants dans les cirques, le diagnostic de nombreuses affections est le résultat des comportements contre-nature imposés aux pachydermes, exigeant pression continue ou un sur-effort sur une partie du corps.
L’usure et le déchirement prématuré des jointures, tendons et jambes seraient la résultante des exercices impliquant la tenue sur une jambe ou la formation d’une pyramide. Lindau confirme que ces positions sur les pattes antérieures ou postérieures peuvent entraîner des boitements et être particulièrement dangereuses pour les jeunes éléphants (23).
Nombre de ces animaux meurent prématurément des suites de complications aux niveaux des membres. |
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Chapitre 4 - Pathologies et troubles du comportement
Cette dénaturation ajoutée à la violence du dressage conduit à différentes pathologies et troubles du comportement. La première cause de mortalité des éléphants adultes en captivité (jusqu’à 20 %) est liée aux problèmes cardiaques dus à une alimentation trop riche, à un manque d’exercice et au stress.
• Wurza, une éléphante du cirque Arlette Grüss est morte d’une cardiomyopathie, le n15 novembre 2003 à Wasquehal à l’âge de 25 ans.
• En 1999, un éléphant d’un cirque Zavatta est mort des suites de problèmes cardiaques similaires.
Une étude de Kurt révèle que les éléphantes ont un surpoids dans les cirques de 15 à 26 % comparé à leurs semblables sauvages. Un régime trop riche et un manque d’exercice en seraient la cause. La nourriture est disponible en quantité, les éléphants reçoivent de nombreuses friandises en échange de leur soumission. Mais parallèlement, une étude sur les zoos européens révèle que de nombreux éléphants ont des carences en vitamines et minéraux (vitamine E, Zinc, fer...). A ceci s’ajoutent des problèmes intestinaux (le calcium et les fibres des écorces facilitent dans la nature le transit intestinal) et des hernies dues entre autres aux actes répétitifs lors des numéros. |
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On rencontre également de nombreux problèmes d’arthrite, résultat du surpoids, du manque d’exercice, de l’humidité, d’une paillasse inadaptée, des conditions d’hygiène insuffisantes, des numéros contrenature et du stress.
La fertilité est assez faible en captivité et les naissances sont plus rares. Une éléphante donnera naissance à six petits dans la nature contre un seulement en captivité. Ce problème du cycle de reproduction peut trouver son origine dans le surpoids, le stress et l’absence d’un groupe social stable. |
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L’espérance de vie des éléphants en captivité est bien moindre que dans la nature ou la moyenne est de 60 à 65 ans.
Les groupes sociaux artificiels et de tailles réduites peuvent causer des troubles importants sur les animaux, avec notamment des déficiences quant à l’apprentissage élémentaire – sexuel, maternel – chez les éléphanteaux. Cette déficience peut conduire à une baisse des stimulations comportementales.
Nos observations révèlent que tous les éléphants présents dans les cirques français présentent des comportements stéréotypés, on dit qu’ils « tissent » : balancements d’une patte sur l’autre (gauche-droite / avant-arrière), mouvements en 8 de la tête et hochement de la tête.
La capacité de contrôle de l’animal est réduite avec impossibilité de fuir ou de s’écarter des agressions extérieures (sons, regards, odeurs, lancés de cailloux...). A cette perte de contrôle s’ajoutent l’absence de situation stimulante (exploration, rencontre, bains, recherche de nourriture, jeux, accouplement...) et la crainte permanente du dresseur, affectant le système nerveux et endocrinien. Selon F. Wemelsfelder «ce comportement stéréotypé est le signe manifeste d’une souffrance chronique de l’animal et d’une diminution de son bien-être» (24). Selon Fred Kurt, zoologue suisse, spécialiste des éléphants, les mouvements stéréotypiques des éléphants peuvent être comparés à la folie humaine.
Considérés comme un des mammifères les plus intelligents, les éléphants ont également une excellente mémoire. L’humiliation, le stress et la violence sont à l’origine de nombreux accidents. Depuis 1990, plus de 180 ont été référencés entraînant la mort de 65 personnes.
Le vingtième siècle est parsemé d’accidents de toutes sortes dont bon nombre ont conduit à la mort de dresseurs.
A Béziers en avril 1964, pris de panique entre la ménagerie et la piste, les 3 éléphants du cirque Amar, foncèrent dans la foule causant la mort d’un enfant de 4 ans.
En novembre 2000, 5 éléphants créent la panique à Lyon, 6 voitures sont accidentées 25.
En septembre 2001, Syndha, l’éléphante du cirque Alexis Grüss, causa la mort du metteur en scène Claude Santelli. Cette éléphante, détenue seule dans la ménagerie de ce cirque était restée traumatisée par la tempête de 1999. |
| En 1994, l’éléphant, Tyke craque au cours du spectacle, blessant une douzaine de personnes et tuant un employé.
S’échappant dans les rues d’Honolulu, Tyke est abattu de plus d’une centaine de balles... |
Témoignages
Maxime Sénéca du cirque Louis Zavatta : «C’est la bête la plus dangereuse par son intelligence. Le père de mon beau-frère a été tué par son éléphant, il y a deux ans. Un jour l’animal a chargé ; il s’est réfugié dans une petite maison mais l’éléphant a fait tomber la maison et l’a tué. L’éléphant s’est vengé. Ce sont des choses qui arrivent car beaucoup de dresseurs battent leurs animaux. Moi j’ai une famille et j’ai peur de ma bête. Je sais qu’elle peut se venger» (26).
« Je vais vous raconter une anecdote d’un cirque étranger (je ne me souviens plus du nom), d’un couple de dompteurs qui avait été écrasé par leurs propres éléphants. Ils étaient en train de les brosser, se tournaient le dos avant d’entrer sur la piste et les éléphants, comme d’un commun accord, se sont resserrés et ont écrasé le couple, ils sont morts tous les 2, voyez l’intelligence des éléphants. Les éléphants en ont eu marre...» (Extrait d’une interview réalisée par One Voice : «J’ai vécu avec les gens du cirque »)
Jean-Luc Rivière du cirque Kid Bauer : « Un jour en Espagne, j’ai vu un éléphant en colère c’était terrible. Il devenait fou et il n’y avait rien à faire pour le contrôler : il a fallu l’abattre…" (27)
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| Chapitre 5 - Perspectives
L’anthropomorphisme si souvent reproché aux protecteurs des animaux est le fond de commerce de nombreux établissements itinérants. Des postures et des accoutrements sont imposés aux animaux afin de leur donner une apparence humaine. Les chimpanzés des cirques Kino’s, Pinder, les babouins du Continental circus, les ours du cirque Louis Zavatta sont habillés, font du vélo, boivent au verre comme des humains …
Faute de pouvoir les habiller, les éléphants sont bardés du nom du cirque telles des affiches publicitaires. Les dresseurs imposent aux éléphants de s’asseoir, de fumer ou de se dresser sur les 2 pattes arrières afin de paraître plus humains.
Selon Pierre-Yves Bourdil : « A tous ses niveaux, le monde du cirque aspire à pervertir l’animalité, de telle manière que, par contraste, les spectateurs se sentent humains avec la plus grande intensité, à ceci près que tout en reste au plan de la seule apparence (…), le cirque procède à l’étonnement, mais cet étonnement demeure simulacre, il loge dans les phénomènes au lieu de naître dans l’intelligence du spectateur ».
De manière anachronique, les dresseurs continuent à présenter des numéros issus de l’époque coloniale. La recherche de l’exotisme reste omniprésente, mais désormais en tentant de donner figure plus humaine aux animaux.
Cette peur récurrente d’une nature non maîtrisée ouvre le chemin à tous les excès.
L’éléphant dénaturé est projeté dans un environnement anthropisé. Les conséquences ne peuvent être que désastreuses. Aussi, pour légitimer ces pratiques, que l’on peut aisément comparer à l’esclavage, les cirques affirment vivre une véritable complicité avec leurs animaux. Le public, en général, croît en la bonne foi des dresseurs car il ne voit en l’animal que l’image que l’on veut bien lui donner. Comme nous l’avons vu plus haut, effectivement, les pachydermes sont plutôt dodus et en apparente bonne santé et les instruments de coercitions dissimulés et maquillés. Qui penserait effectivement que les clowns et les « bourreaux d’animaux » cohabiteraient ensemble ? Et pourtant ces dernières années, les Européens ont poussé le rideau au-delà de l’apparence pour enfin se poser des questions sur les éléphants en tant qu’individus. Quels sont leurs besoins ? Les numéros contre-nature ne sont-ils pas dommageables pour leur santé ? Pourquoi ces mouvements répétitifs incessants ? Pourquoi tous ces accidents ? Peter Falck (le célèbre Columbo) et le démocrate Sam Farr avaient déjà lancé un appel pour l’interdiction des éléphants dans les cirques américains il y a quelques années. Aujourd’hui c’est au tour de la Belgique, de l’Allemagne et enfin de la France de s’intéresser au sort de ces animaux. Plus de 100 000 personnes, dont plusieurs personnalités, ont signé la pétition de One Voice pour demander la fin de l’exploitation des animaux sauvages dans les cirques français. Mais comme à chaque fois que les prétextes ne suffisent plus, les exploiteurs d’animaux brandissent le droit à la tradition. Une tradition qui pourrait justifier que perdurent indéfiniment des vies de souffrances. Pourtant de nombreuses pratiques traditionnelles ont été interdites parce que considérées comme portant une atteinte à des individus. Mais dans le cas présent, ces individus présentent la particularité de ne pas être de l’espèce humaine. Aussi la tradition aussi abjecte soit-elle risque de persister, l’intérêt de l’animal étant systématiquement nié. Situation d’autant plus ridicule, que les éléphants ne sont pas un élément fondateur du cirque, mais bien les victimes d’une époque coloniale révolue. Et que plus de 90% des cirques traditionnels actuels n’en présentent pas.
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Conclusion
One Voice demande, dans le cadre de la révision de l’Arrêté du 21 août 1978, l’exclusion des éléphants du projet de liste positive établissant les espèces autorisées dans les cirques. Cette mesure devrait s’appliquer tant pour les cirques français que les cirques étrangers.
Durant le délai imparti pour le replacement des animaux dans un milieu en adéquation avec leurs besoins fondamentaux, One Voice demande pour les éléphants :
- Un accès permanent à l’eau
- L’interdiction des attaches
- La mise en place d’enclos sécurisés
- L’interdiction des numéros contre-nature listés ci-dessus
- L’interdiction de l’utilisation de la pique
- L’interdiction des parades.
Par ailleurs, nous demandons que, pour le placement, la priorité soit donnée aux animaux détenus seuls et aux éléphants d’Afrique.
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« Le plus grand bonheur de l’éléphant, c’est d’être libre de toute contrainte, (…) l’éléphant vit à sa guise ; il choisit lui-même son séjour et sa nourriture (…) la satisfaction de ses souhaits lui procure de la joie, et de cette joie vient sa force, infailliblement. Dans la plénitude de sa force, le feu de la vie brille clair et tout son corps est équilibré. L’harmonie de son corps éloigne toute maladie (…). Tout se transforme en son contraire, dès que les éléphants sont éloignés de la nature et conduits chez les hommes. » (Chant Indien célèbre) |

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Bibliographie
- Baratay Eric, Et Dieu créa l’animal, Odile Jacob, 2003
- Bancel Nicolas, Blanchard Pascal, Boetsch Gilles, Deroo Eric, Lemaire Sandrine (sous la direction de.), Zoos humains, La découverte, 2002
- Bourdil Pierre-Yves, L’étrange existence de l’animal, Le Relié, 2001
- Clubb Ros and Mason Georgia, A Review of he welfare of Zoo Elephants inEurope, Université d’Oxford / RSPCA, 2002
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Fiszlewicz Antoine, Cirques & compagnie, Petit à petit, 2002
- Gröning, K. & Saller, M., L’éléphants mythe et réalité, Kônemann, 1998
- Gsandtner Mag. Hermann, Pechlaner Helmut Dr, Schwammer Harald Dr., Guidelines for the keeping of wild animals in circuses, Wiener Umwelt Anwaltschaft, 1996
- Hamel Christian, Les éléphants au cirque, l’aventure carto, 2001
- Jackson Peter, Espèces en danger – éléphants, Naturalia, 1991
- Jacob Pascal, Le cirque, un art à la croisée des chemins, Gallimard, 1992
- Koehl, D. Captive elephant database. Elefant-Consult. http://elephant.se
- Moussaieff Masson Jeffrey, Quand les éléphants pleurent – la vieémotionnelle des animaux, Albin Michel, 1997
- Shoshani Jeheskel (Dr) sous la direction de., Les éléphants, Bordas, 1992
- Sournia Gérard, Des éléphants, des hommes et de l’ivoire, Sang de la terre, 2000
- Zavatta Catherine, Les mots du cirque, le français retrouvé, Belin, 2001
- Zecchini Alain, Les animaux captifs peuvent-ils rester « naturels » ?, in Le courrier de l’environnement, n° 46, 2002
One Voice - 2004
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