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Rapport du Dr Knight


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Rapport sur «Samba»

Cirque d’Europe
Caumont, près d’Avignon, Provence
22-24 mars 2005




John A. Knight BVetMed., MIBiol., MRCVS.
Consultant pour les zoos et la gestion des espèces sauvages


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Résumé


Je voudrais exprimer ma reconnaissance envers One Voice pour m’avoir permis de m’occuper de«Samba» (“Tania”), une femelle éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) dont l’âge est estimé àune quinzaine d’années, et que possède actuellement le Cirque d’Europe. Du 22 au 24 mars 2005, j’ai eu un certain nombre d’occasions d’observer «Samba», et dans les 12 jours qui avaient précédé, j’avais lu des rapports détaillés à son sujet.
Au cours de cette période, elle n’a présenté aucun signe de trouble psychologique ni manifesté une quelconque peur de ses gardiens. Sur cette même période, aucun acte de cruauté physique n’a été observé, cependant des signes de négligence n’en étaient pas moins visibles, lesquels étaient de nature à compromettre l’état de santé et la sécurité de «Samba» ainsi que des autres animaux, des circassiens et du public.
Si de tels problèmes sont moins évidents et peuvent paraître insignifiants à une personne ignorant les besoins qui sont ceux des éléphants détenus en captivité, ils n’en sont pas moins graves sur le long terme, et une action s’impose.
Le Cirque d’Europe n’essaye même pas de satisfaire ne serait-ce que les exigences les plus élémentaires qu’impliquent la sécurité et le maintien d’un éléphant en captivité. L’espace dont dispose «Samba» est insuffisant, et, dans l’ensemble, la manière dont elle est traitée est inadaptée. Je ne peux que recommander avec insistance que l’on replace «Samba», aussi rapidement que possible, dans une autre structure susceptible de pourvoir correctement à ses besoins.
Je recommande également que l’on étudie avec toute l’attention nécessaire l’urgence de mettre en place et de faire respecter, en France, une législation appropriée pour les cirques. Dans une telle étude, une attention particulière devra être accordée au bien-être des animaux, ainsi qu’aux conditions de santé et de sécurité et à l’éducation.
(notes en parenthèses provenant de la direction du cirque)


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Les abords du cirque et les premières impressions


Le cirque était installé sur un terrain public, près de la route principale menant à la ville de Caumont, la distance entre les installations et la route étant équivalente à un pâté de maisons. Le sol du parc était constitué de terre battue. Je n’ai pas remarqué une quantité excessive de déchets sur le site. A une extrémité et en surplomb, se trouvait un parking sur lequel un marché se tenait tous les jeudis. L’endroit où l’on faisait paître les animaux herbivores du cirque («Samba» exceptée) jouxtait un champ. Dans ses déplacements, le cirque utilisait un certain nombre de camions, dont deux pour les tigres et un pour l’éléphante. On pouvait penser que le cirque avait récemment consacré des fonds substantiels à la rénovation ou au renouvellement de son parc de véhicules, et l’agencement du véhicule de «Samba», même s’il est resté similaire, n’est plus le même depuis le moment où des photos ont été prises en 2003. De loin, tous les camions du cirque semblaient propres et en bon état de fonctionnement. Un seul des camions (celui du tigre solitaire) se trouvait à l’ombre une partie de la journée.
Les animaux semblaient tous en bonne condition physique, si ce n’est que certains présentaient une surcharge pondérale. Ils ne portaient pas de traces évidentes de plaies ni de blessures, et tous présentaient un comportement acceptable. Aucun ne semblait être excessivement effrayé par les gardiens, ni dérangé par la musique à plein volume ou par la présence du public (bien qu’il convienne de remarquer que les visiteurs du cirque étaient peu nombreux au cours de cette période d’observation, et que le spectacle programmé pour le 22 mars avait été annulé à la der-nière minute en raison d’un public insuffisamment nombreux).


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Les conditions de santé et de sécurité du personnel et du public


Sur le site, les conditions de sécurité n’étaient pas correctes. Bien que les camions contenant l’éléphant, les babouins et les tigres soient ouverts, les circassiens n’étaient pas toujours présents. Les camions n’étaient jamais complètement entourés de barrières, et seules quelques-unes de ces barrières portaient des signes d’avertissement. N’importe quel enfant aurait pu, sans aucune difficulté, contourner une barrière et mettre sa main à la portée d’un tigre ou de l’éléphante, au risque d’être gravement blessé, voire tué (même un petit babouin est tout à fait capable d’arracher les doigts d’un enfant). Quant aux animaux herbivores attachés au sol, pendant la plus grande partie de la période d’observation, personne ne s’est occupé d’eux. Pourtant, ces animaux aussi sont tout à fait capables de provoquer de graves blessures, surtout chez les enfants : c’est plus particulièrement le cas des camélidés (au Royaume-Uni, le chameau de Bactriane estconsidéré comme un «animal dangereux»).


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On a vu plusieurs circassiens s’occuper de«Samba» et la nourrir, mais, pratiquement à chaque fois, une seule personne était présente. Or, il est admis que les éléphants sont des animaux particulièrement dangereux : chaque année, plusieurs circassiens, parmi ceux qui s’en occupent, sont tués.
Dans les pays occidentaux, les directives actuelles exigent toujours la présence d’aumoins deux personnes qualifiées À CHAQUE FOIS qu’il s’agit de s’occuper d’un éléphant. Pourtant, One Voice a même pu filmer «Samba», à Courthézon, emmenée de son camion jusqu’au grand chapiteau par un gardien agissant seul. Le site étant tout près d’une route, l’éléphante pouvait très bien être effrayée par le bruit de la circulation ou par autre chose, et son gardien n’aurait pas pu, à lui seul, la maîtriser. «Samba» n’est pas une éléphante tout à fait adulte, elle est encore l’équivalent d’une adolescente, et travailler avec un éléphant de cet âge peut soudainement devenir difficile, sans même qu’il y ait eu dessignes avant-coureurs.
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Avec une masse corporelle de 2,5 tonnes, elle n’aurait pas de mal à échapper à son gardien et à provoquer de graves dégâts ou à infliger de graves blessures !

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"Samba" - l'examen de son aspect physique


De manière générale, comme pour les autres animaux de ce cirque, je n’ai pu observer «Samba» qu’à distance. Cependant, j’ai pu faire les observations suivantes :

• «Samba» est une femelle d’éléphant d’Afrique pas encore adulte, qui serait originaire du Kenya.

• Cette éléphante présente une petite surcharge pondérale, et la musculature de ses membres est insuffisamment développée compte tenu de son âge.

• Elle n’a qu’une défense, sur le côté gauche, dont l’extrémité est brisée.

• Rien n’indique que l’absence de défense droite entraîne ou ait entraîné pour elle une gêne. On m’a dit qu’à ce jour, la défense droite n’était jamais sortie.

• Son épiderme, surtout sur le dessus de la tête, n’est pas en bon état, et présente un excès de plaques de peau usée ; par ailleurs, l’épiderme de son front semble moins souple et plus ridé que la normale.

• Le pavillon de l’oreille gauche a perdu un vaste pan de tissu formant une encoche du côté du bordlatéral inférieur. Cela peut provenir soit d’un développement asymétrique, soit des suites d’une blessure. J’ai aussi remarqué deux zones dépigmentées à l’intérieur de l’oreille gauche, dont l’une est reliée à l’encoche. Le plus probable est qu’il s’agisse du résultat d’une irritation prolongée et d’une insuffisance de soin des blessures. Ce qui peut inciter à penser que la déchirure de l’oreille serait d’origine traumatique. Ce qui est inquiétant, c’est de savoir qu’on utilise encore dans lescirques et autres organisations de spectacles une méthode de dressage bien connue, quoique dépassée, consistant à infliger délibérément à l’éléphant des blessures à l’intérieur du pavillon de l’oreille, et à frotter ces blessures avec du sel pour le punir lorsqu’il a désobéi. Ici, on peut espérer que la cause soit ailleurs. Ces blessures n’ont pu être examinées que de façon rapide et super-ficielle, et il semble qu’elles aient été soignées et qu’elles ne soient plus actives.

• On peut constater un discret ramollissement de l’épiderme sur le côté de la cuisse postérieure droite, peut-être par suite d’un abcès. Il semble que des soins aient été assurés et que l’animal ne subisse pas de gêne particulière.• Les ongles des orteils et les pattes semblent faire l’objet d’un entretien convenable, et ne présentent aucune dégradation particulière. L’éléphante se meut normalement (librement et sans gêne particulière).

• Tout au long de cette période d’observation, son comportement était remarquablement irréprochable; elle était gentille et ne manifestait aucune crainte ni aucune hostilité envers ses gardiens. On l’a vue laisser à son gardien un balai qui lui avait été donné, sans montrer aucun signe de ressentiment.

• Pendant cette période d’observation, ceux qui s’occupaient de «Samba» n’ont utilisé qu’un petit bâton (et non pas le plus traditionnel ankus ou «crochet à éléphant»). Il s’agit d’une forme d’aiguillon relativement adoucie.

• La porte d’entrée, à l’arrière du camion, était chaînée mais pas cadenassée.

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De quelle manière on s’occupe quotidiennement des animaux


«Samba» - éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) Annexe I de la CITES / Annexe A UE

Cette jeune éléphante a pu sortir de son camion, mais pendant moins de 24 heures sur l’ensemble de la semaine. Par ailleurs, elle a fait sept numéros sous le grand chapiteau, ce qui représente, au total, moins de deux heures d’exercice. Elle a donc passé plus de 92% de son temps dans son camion, que ce soit avec les portes ouvertes ou avec les portes fermées ! D’autre part, lorsqu’elle n’est pas dans son camion (ni en train de participer à un numéro), elle reste confinée sur une surface d’environ 16 m2 seulement, délimitée par une clôture électrifiée. Dans son camion, la surface maximale dont elle puisse disposer n’atteint probablement pas 9 x 2,5 m (22,5 m2). Rares sont les pays qui fixent des normes concernant la détention d’animaux en captivité, par crainte d’inciter ceux qui conçoivent de nouvelles installations pour le maintien en captivité de ces espèces à ne prévoir que le strict minimum. Toutefois, à titre d’exemple de règles écrites récentes, je me référerai ici aux normes américaines. Selon les normes de l’American Zoo Association, une institution qui fait autorité en la matière, la captivité des éléphants exige «au minimum 400 pieds carrés (37,2 m2) pour un animal seul». Lorsque les animaux doivent être maintenus enfermés pendant des périodes prolongées, il convient de disposer de surfaces considérablement plus étendues. «Les espaces extérieurs doivent mesurer au minimum 1800 pieds carrés (167,2 m2) pour un animal adulte seul. Lorsque cet espace est le seul endroit prévu pour l’exercice de l’animal, il est recommandé de disposer d’une surface plus grande encore pour chaque éléphant» (AZA, 1997). À l’évidence,les surfaces prévues par le Cirque d’Europe sont cruellement insuffisantes.

Les éléphants, sinon tout au long de leur existence, du moins pendant une grande partie de celle-ci, sont des animaux très sociaux : c’est particulièrement vrai des femelles et des jeunes individus. Les éléphants d’Afrique forment des sociétés matriarcales très unies. Dans la nature, un troupeau compte généralement 10 individus ou davantage, et il arrive que se forment des troupeaux de plusieurs centaines d’éléphants. «Samba», qui a autour de 15 ans, n’est pas encore vraiment adulte et a encore besoin du soutien et de l’apprentissage que sa famille maternelle devrait pouvoir lui apporter. Selon les normes de l’AZA, il faudrait maintenir ensemble, en permanence, pas moins de trois éléphants femelles, afin de mieux respecter les besoins sociaux de ces animaux.

Dans la nature, l’éléphant d’Afrique passe une grande partie du jour et de la nuit à se nourrir, et consomme quotidiennement entre 200 et 300 kg de nourriture (son régime comprenant de l’herbe, du feuillage, de l’écorce, des petites branches, des arbustes, des racines et des fruits). Il lui faut aussi environ 160 litres d’eau par jour. Cela signifie qu’en captivité, les éléphants doivent bénéficier d’un libre accès à l’eau potable et d’un régime varié composé de foin de bonne qualité, de luzerne, de légumes, de fruits, d’herbe à brouter et de nourriture concentrée (graines et boulettes). Or, pendant la période d’observation, «Samba» ne disposait que par intermittence d’un seau d’eau, et n’était nourrie que de foin. Ce foin paraissait être de bonne qualité, mais provenir d’une herbe en monoculture, ce qui signifie qu’il n’avait pas la valeur nutritionnelle du bon foin des prés. Une seule fois, on a vu «Samba» être nourrie de «petits aliments». «Samba» n’a donc vraisemblablement pas droit au régime adapté et équilibré qui lui permettrait de grandir et de se développer comme il faut.

Il est généralement admis que l’éléphant d’Afrique est un animal très intelligent, et qui a besoin d’un environnement riche. L’espèce a souvent des tendances migratoires. Les éléphants recherchent souvent de façon quotidienne des étendues d’eau dans lesquelles ils se vautrent, et s’immergent s’ils en ont la possibilité.

Les éléphants devraient pouvoir se laver chaque jour, car c’est pour eux une activité importante, et qui compte beaucoup pour la santé de leur épiderme. En captivité, les éléphants doivent se baigner régulièrement ou être lavés au jet, et il importe de leur frotter vigoureusement la peau. Au Cirque d’Europe, rien de cela n’a pu être observé. Il importe aussi qu’il y ait dans les enclos de gros objets tels que rochers ou troncs d’arbres, sur lesquels les animaux pourront se frotter ou se gratter. Par ailleurs, «Lorsqu’ils sont dehors,les éléphants détenus en captivité doivent disposer en permanence d’une étendue de sable ou de terre pour pouvoir prendre des bains de boue» (TheElephant Managers Association, 1999).

Le mauvais état de l’épiderme de «Samba» résulte peut-être à la fois d’un régime alimentaire carencé, d’un manque de bains et de l’absence d’un environnement riche.

En ce qui concerne les conditions de captivité des éléphants, l’importance de l’exercice physique est de plus en plus reconnue. Comme nous l’avons vu précédemment, l’éléphant d’Afrique a tendance à migrer, il peut parcourir des centaines et des centaines de kilomètres par an pour trouver de la nourriture et de l’eau. On a observé des moyennes journalières de 12 km. «Les éléphants, en extérieur, doivent pouvoir trouver un environnement aussi naturel que possible. Il convient, dans l’organisation des spectacles, de permettre aux éléphants de disposer d’un accès au dehors vingt-quatre heures sur vingt-quatre – dans la mesure où le temps, leur état de santé et les conditions de sécurité le permettront» (AZA, 1997). En captivité, on considère qu’il est important que l’éléphant puisse faire une à deux heures d’exercice par jour sous la surveillance d’un gardien, pour le contrôle de son poids, pour sa santé cardiovasculaire et pour la fortification de ses membres et de ses articulations.

Pour les éléphants en captivité, le contrôle de la température ambiante, l’ombrage et l’aération sont aussi des éléments importants. «Pendant la journée, les éléphants laissés dehors peuvent supporter des écarts modérés de température. Lorsqu’ils sont dehors, tous les éléphants doivent pouvoir se mettre à l’ombre pendant la journée, et ils doivent être à une température inférieure à 27 degrés C quand ils se trouvent directement exposés à la lumière du jour.» Les zones de captivité à l’intérieur des murs doivent être aérées, et chauffées à une température d’au moins 12,8 degrés C, en toute saison. Il faut pouvoir maintenir dans une des pièces une température d’aumoins 21,1 degrés C et cette pièce devra être à l’abri des courants d’air, pour pouvoir recevoir les animaux malades ou fragilisés» (AZA, 1997).

Le Cirque d’Europe n’essaye même pas de satisfaire ne serait-ce que les exigences les plus élémentaires qu’impliquent la sécurité et le maintien d’un éléphant en captivité. L’espace dont dispose «Samba» est insuffisant, et, dans l’ensemble, la manière dont elle est traitée est inadaptée. Je ne peux que recommander avec insistance que l’on replace «Samba», aussi rapidement que possible, dans une autre structure susceptible de pourvoir correctement à ses besoins.



Les babouins («Papio cyanocephalus») Annexe II de la CITES / Annexe B UE (les deux espèces Papio)

Selon moi, ces animaux doivent être plutôt des femelles de babouin Hamadryas (Papio hamadryas). Ils sont exposés devant le camion de Samba, et ne sont pas utilisés dans les spectacles : ils servent simplement d’attraction. C’est pourquoi le cirque affiche un panneau sur lequel on peut lire quelques informations élémentaires relatives à leur biologie (c’est peut-être une obligation). L’information donnée est très rudimentaire, et il serait facile de la compléter. Elle est en effet inadéquate, et le peu de mérite de cette ménagerie, au plan éducatif, est démenti par le fait qu’un des singes porte un manteau à rayures !

Ces babouins ne semblaient pas être dérangés par le public, et ils disposaient d’un substrat couvert de paille dans lequel ils pouvaient chercher de la nourriture. La cage contenait une petite branche à leur attention, mais ne comportait aucun autre enrichissement de l’environnement. Toutefois, étant au nombre de cinq, ils bénéficiaient au moins d’une forme de contact social, contrairement à l’éléphante. Ils semblaient être en bonne condition physique et ne présentaient aucun signe de détresse psychologique.

Cette cage ne correspond pas aux besoins de l’espèce, et l’on se demande pourquoi ce cirque a besoin de garder ce genre d’animaux si c’est uniquement pour les montrer.



Les tigres (Panthera tigris- hybrides)
Annexe Ide la CITES / Annexe A UE

Le Cirque d’Europe possède sept tigres, six dans un véhicule et l’autre ailleurs, maintenu dans un camion, le plus loin possible des autres. Quatre de ces tigres sont utilisés dans les spectacles.

Tous les tigres présentaient une surcharge pondérale, mais ils avaient le pelage brillant et étaient alertes : ils semblaient en bonne santé. Ils n’ont présenté aucun signe de stress psychologique au cours de la période d’observation, et se sont montrés tolérants envers le public.

Les véhicules dans lesquels ils se trouvaient semblaient être en bon état, et ils étaient maintenus propres. Nous n’avons pas assisté au nourrissage des tigres, mais il faut savoir qu’en plus de la viande (sur l’os), ils ont besoin de vitamines et de compléments minéraux spécifiques. Il faut qu’ils aient un libre accès à l’eau potable : ce n’était malheureusement pas le cas pendant la période d’observation. Au moment de la visite, le climat était tout à fait agréable, mais je suis bien plus inquiet pour les mois d’été. En effet, en été, à moins que les camions ne soient correctement ombragés et aérés, les animaux doivent souffrir de la chaleur, de façon presque certaine. Par temps chaud, il faut aussi que les tigres puissent se baigner.

L’environnement des tigres n’était pas enrichi du tout, ce qui posait un problème particulièrement préoccupant pour celui de ces animaux qui était enfermé seul et ne pouvait donc pas avoir d’interactions avec les autres. Il faut cependant savoir que les tigres sont généralement des animaux solitaires, sauf lorsqu’ils élèvent leurs petits. Le manque d’exercice physique et d’enrichissement adéquat de l’environnement est actuellement un problème préoccupant.


Les autres herbivores

Chevaux no. 9 (Equus caballus) - domestiques - lignées mélangées
Lamas no. 7 (Lama glama) - domestiques
Chameau à deux bosses no. 1 (Camelus bactrianus) - domestique - mâle
Bouc noir no. 1 (Capra hircus) - domestique - mâle

Habituellement transportés par camion, ces animaux sont restés dans un champ herbeux près des camions, pendant toute la période d’observation. Tous étaient attachés, ce qu’ils semblaient bien accepter. Ces animaux, comme tous les autres, doivent tous être convenablement protégés contreles aléas climatiques (il leur faut, par exemple, de l’ombre) et avoir un libre accès à l’eau.Or, ce n’était absolument pas le cas. S’il devait en être ainsi pendant les chaleurs de l’été, ce serait un grave problème. Ces animaux semblaient en bonne forme physique, contents et en bonnes relations avec leurs gardiens. Ils étaient nourris avec un foin d’aussi bonne qualité que l’éléphante, mais il faudrait leur donner également de la nourriture concentrée, du sel à lécher et si possible un complément en vitamines et minéraux. Dans l’immédiat, je suis moins inquiet pour le bien-être de ces animaux-là.


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Le spectacle


Le spectacle du 22 mars a été annulé, faute d’un public suffisamment intéressé et faute d’avoir pu vendre suffisamment de billets. Cependant, le 23 mars, le spectacle s’est déroulé comme prévu, malgré un public restreint. J’ai suivi tout le programme, qui était le suivant :
1.Tigres
2.Démontage d’une cage de sécurité
3.Chevaux
4.Numéro acrobatique de funambule (humain)
5.Tombola pour «nourrir les animaux». Billets vendus pour gagner diverses peluches et des ballons. Cette fois-ci, les gens n’ont gagné que des ballons.
6.Jonglerie avec les pieds (humains)
7.Éléphante
8.Jongleurs (humains)
9.Lama
10.Chameau (à deux bosses)
11.Clowns (humains)
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Commentaires

Les numéros avec les animaux étaient d’un niveau de complexité et de difficulté moyen, on peut les qualifier de numéros de base. Dans lenuméro avec les tigres, il y avait un jeu de simulation, le tigre «Shere Khan» étant censé refuser de faire ce qu’on lui demande – tant qu’on ne le lui a pas demandé poliment. Cependant, au cours de ce numéro, aucun acte de cruauté n’a été observé, et le tigre n’était pas censé faire quelque chose qui soit au-delà de ses capacités naturelles. En revanche, tous les chevaux étaient obligés de reculer dans des conditions trop pénibles, avec des bridons liés, et l’un d’eux boîtait un peu de ses pattes de derrière (2/5). À bien des égards, ce numéro présentait un côté avilissant pour les animaux concernés, et c’est là quelque chose que, personnellement, je préférerais ne pas voir. Ce genre de numéro a tendance à transmettre au public des messages qui ne sont pas les bons, en ce qui concerne la dignité et la conservation de l’espèce. Il était décevant, également, de constater, en ces temps modernes, l’absence de tout message éducatif ou relatif à l’importance de la préservation des espèces, que ce soit à travers les numéros ou dans les commentaires (une chose aujourd’hui exigée des zoos par la «Zoo Directive» de l’Union Européenne).

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Cependant, à mon avis, les numéros avec animaux qu’a présenté ce jour-là le Cirque d’Europe posent un grave problème de santé publique, compte tenu des points suivants :

• La sécurité– Le numéro des tigres avait lieu dans une cage, et du point de vue du public, tout au moins, il présentait des conditions de sécurité raisonnables. Toutefois, à la fin du numéro, lacage a été démontée : le public n’était donc plus protégé lors des autres numéros avec animaux. Or, l’éléphant d’Afrique et le chameau de Bactriane sont l’un et l’autre considérés comme des animaux sauvages dangereux, et aucun des deux n’était séparé du public par des barreaux. Si, au cours du numéro, un incident s’était produit, susceptible de faire paniquer l’animal ou d’en faire perdre le contrôle par les circassiens, celui-ci aurait pu infliger de graves blessures à des spectateurs.

• Les dimensions de la piste – Elles étaient trop réduites, également, pour certains des numéros d’animaux, et surtout pour le numéro avec le chameau, qui a craché à plusieurs reprises en faisant ses tours et qui a heurté plusieurs fois la paroi latérale. Si le chameau avait perdu l’équilibre, cela aurait pu avoir pour conséquences des blessures, pour l’animal comme pour les spectateurs du premier rang.

• La poussière – Les numéros d’animaux (à l’exception du numéro de l’éléphante) avaient lieu àmême la terre battue, sous le chapiteau. Or, cette terre n’avait pas été nettoyée ni tassée avant le spectacle. Dès le numéro des tigres, l’air, sous le chapiteau, s’était chargé de poussière, jusqu’à atteindre un niveau alarmant de pollution au moment du numéro des chevaux. Le sol n’ayant pas été nettoyé avant le spectacle, la poussière contenait aussi des excréments de chiens (dont elle gardait l’odeur). En fait, on a ramassé par la suite des excréments de chiens sous le tapis en plastique utilisé pour les numéros sans animaux et pour le numéro avec l’éléphante. À mon avis, cette poussière dense et contaminée constitue sans aucun doute possible un danger pour la santé des animaux, des circassiens et du public. La poussière était si importante que d’un bout à l’autre du spectacle, il était impossible de prendre des photos au flash. De façon générale, les images utilisées ici ont dû être «améliorées». Par ailleurs, tout contact avec les excréments ou avec l’urine des animaux, à l’extérieur du cirque, représente pour chaque animal un grave risque d’infection et de maladie parasitaire.
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• Les pierres – Là encore, parce que la piste n’avait pas été nettoyée de façon appropriée et débarrassée des débris, il y avait de nombreuses pierres en surface. Elles étaient assez grosses pour risquer de blesser les animaux aux pattes. Par ailleurs, pendant leurs numéros, les animaux les déplaçaient en marchant et les projetaient parfois à distance autour de la piste. Ces pierres constituaient donc un danger certain pour les familles assises autour de la piste aussi bien que pour les autres animaux présents.

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Curriculum vitae du Dr Knight


Nom : John Andrew Knight
Année de naissance: 1953

FORMATION
1978 : Membre du Collège Royal des Vétérinaires Chirurgiens (Royal College of Veterinary Surgeons)
1978 : Université de Londres, B. Vet. Med (Mention en Médecine Vétérinaire)

MEMBRE DES ASSOCIATIONS SUIVANTES
British Veterinary Association, British Small Animal Veterinary Association, British Veterinary Zoological Society, European Association of Zoo and Wildlife Veterinarians, World Association of Wildlife Veterinarians and the Rare Breeds Survival Trust.


EXPERIENCE PROFESSIONNELLE

Depuis 1988 : Associé, Clinique vétérinaire : The Vetcare Centres,
Rue des Eturs, Castel, Guernsey, GY5 7DT, Channel Islands, Angleterre.
(Clinique vétérinaire mixte privée, consultations animaux sauvages et conseils en conception et management de zoo)

1987-1988 : Directeur de Projet, King Khalid Wildlife Research Centre,
NCWCD, PO Box 61681, Riyad, Arabie Saoudite.
(Secondé par la Zoological Society of London (Z.S.L.) pour la conception du centre)

1985-1987 : Manager, Doha Zoological Gardens,
Doha Municipality, PO Box 820, Doha, Quatar.
(Secondé par la Z.S.L. pour le management de ce nouveau zoo national)

1979-1985 : Vétérinaire en Chef - Regent’s Park,
The Zoological Society of London (Z.S.L.), London NW1 4RY, Angleterre.

AUTRES RESPONSABILITES ET TRAVAIL DE CONSULTANT

Président, Guernsey Society for the Prevention of Cruelty to Animals
Les Fiers Moutons, St. Andrews, Guernsey, GY6 8UD, Angleterre.
(2001-2004 Membre du conseil d’administration)
[Créée en 1873, la G.S.P.C.A. est affiliée à la R.S.P.C.A., mais travaille de façon autonome]

Directeur, Toovey Lane Consultants Limited,
Ashcroft, Ashley Green, Chesham, Bucks HP5 3RB, Angleterre.
(1989 – 1998 consultant)
[Consultant en zoos, aquarium et animaux sauvages, conception et élaboration de parcs]

Directeur, Puffins Limited,
Eros House, St.Martin, Guernsey, GY4 6LQ, Angleterre.
Agence de placements immobiliers

Consultant, World Wide Fund for Nature (WWF-International)
[Pandas géants – Supervision du travail de protection et de recherche surles pandas captifs à Wolong, développement d’études en collaboration avec les soigneurs sur le terrain, zoos chinois et collègues]

1982 - pres. Membre du conseil d’administration de l’association anglo-italienne: Society for the Protection of Animals,

136 Baker Street, London W1M 1FH, Angleterre.
[ONG anglaise parrainant des projets de protection des animaux domestiques et sauvages; Refuges pour chiens et chats en Italie]

Centres d’intérêts au niveau de la recherche incluant : la reproduction, la croissance et le développement, la génétique, l’épidémiologie, la conservation et la protection de la faune sauvage. J’ai contribué à la rédaction de plus de 20 articles publiés dans des revues scientifiques. J’ai un intérêt prononcé et une expérience concernant la conception et le management de zoo à l’étranger. Je travaille actuellement à la conception et au management de parcs zoologiques et j’ai travaillé pour plus de quinze projets de zoos ou parcs zoologiques à l’international. Je travaille régulièrement comme consultant / expert pour des associations de protection animale : enquêtes sur la santé et la façon dont les ani-maux sont traités, supervision des missions de sauvetages ou saisies d’animaux sauvages. Je suis membre de l’Animal Welfare Panel of the States of Guernsey, et j’ai mis en oeuvre une révision complète de la législation concernant les animaux et la vie sauvages. Avec l’association IFAW et le zoo de Moscou, j’ai organisé la 1ere conférence internationale des vétérinaires spécialistes des zoos (Moscou, nov. 2001). Je travaille ou participe régulièrement à la médiatisation de la protection animale, de la conservation et protection de la faune sauvage et de la profession vétérinaire. En complément des pays cités ci-dessus, j’ai également travaillé comme consultant pour des zoos oupour la conservation et protection des animaux sauvages dans les pays suivants : Abu Dhabi, Allemagne, Algérie, Australie, Dubaï, Égypte, Espagne, France, Indonésie, Jamaïque, Koweït, Liban, Libye, Russie, Sarjah (Émirats arabes unis), USA.


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