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Un rapport de One Voice
et Jane Goodall France
Novembre 2005


Télécharger le rapport (PDF 380 Ko)

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Nous proposons une révision de la législation relative aux cirques, qui aura nécessairement des implications sur le bien-être des animaux. Parmi les mesures proposées, citons l’identification de tous les animaux vivant dans les cirques par une puce électronique. Nous nous préoccupons particulièrement de la sécurité et du bien-être des animaux, du public et du personnel circassien. Pensant qu’il s’agit de l’aspect le plus important de la législation, nous l’avons abordé d’une façon réaliste et scientifique. Nous avons fondé une grande partie de nos commentaires sur les Cinq critères du bien-être, une définition du bien-être animal largement reconnue et utilisée. Même si nous n’avons pas proposé de critères minimaux à adopter pour chaque espèce, il est impératif que les inspecteurs, dans le cadre de l’octroi d’un permis pour chaque numéro, étudient dans quelle mesure celui-ci pourra satisfaire aux Cinq critères du bien-être et qu’ils tiennent compte également des autres exigences définies ci-après.


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Directives / Normes

Les directives présentées ici ne doivent pas être considérées comme une justification du maintien en captivité d’animaux sauvages dans les cirques mais comme une réponse à la réalité politique du moment. Elles sont conçues pour permettre une certaine protection du bien-être des animaux en captivité. L’opinion publique évolue, parallèlement à son niveau d’éducation et d’exigence. Le public manifeste un intérêt croissant pour les arts du cirque sans animaux. Il ne faudra pas attendre longtemps avant que l’on cesse de tolérer la présence d’animaux sauvages dans les cirques. 

Les conditions de vie des animaux dans les cirques ne doivent pas être contraires à leur bien-être,  pour l’individu comme pour le groupe, et ne doivent pas avoir d’effet délétère sur leur potentiel génétique. Chaque cas doit être considéré individuellement. Des éléments éducatifs et des considérations liées à la conservation des espèces doivent toujours entrer en jeu, comme l’exige la directive relative aux zoos.

Les exigences formulées ci-après doivent aussi être valables pour les numéros de cirque eux mêmes, à chaque fois qu’elles concernent le bien-être des animaux ou la sécurité du public et des employés.

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Sécurité du public


Maintien des animaux dans les cages, les enclos et sur la piste

La fuite d’un animal et tout contact entre le public et les animaux peuvent entraîner des blessures, voire la mort, pour l’animal et les personnes. Toutes les cages et toutes les clôtures devront être conçues, fabriquées et entretenues de façon à sauvegarder l’intégrité physique des animaux et à empêcher qu’ils ne s’échappent ou ne se blessent. Ces exigences doivent aussi s’appliquer aux spectacles et à la piste du cirque elle-même. Pour les animaux capables de grimper, sauter ou voler, il peut aussi être nécessaire que la cage soit surmontée d’un filet approprié. Les couloirs permettant aux animaux de sortir de la piste doivent avoir des dimensions et une forme appropriées et ne pas être obstrués. Les couloirs, trappes et portes des enclos devront contenir les animaux au moins aussi sûrement que le reste de la séparation, et leur permettre une circulation sans obstacle. L’ensemble de la cage ou de l’enclos doit être visible depuis les portes pour réduire le risque qu’un employé y pénètre par inadvertance alors qu’un animal s’y trouve encore. Toutes les portes et portillons d’accès à des enclos contenant des animaux dangereux devront être verrouillés de façon sûre. Tout contact entre le public et ces animaux doit être rendu impossible. Pour cela, on peut utiliser des barrières de séparation, des grilles ne laissant pas passer les doigts, des fenêtres transparentes, etc., mais ces dispositifs devront être assez solides pour résister aux assauts des animaux et du public. Dans chaque enclos, une signalisation suffisante doit être mise en évidence, constituée de symboles et d’inscriptions, afin d’avertir le public des risques liés à chaque animal.
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Rappelons qu’un chimpanzé adulte a une force largement supérieure à celle d’un homme, même très jeune. Il y a quelques mois aux États-Unis, un homme a été très grièvement blessé suite à l’attaque d’un chimpanzé qui s’était échappé de son enclos.
La force physique des grands singes en font des animaux particulièrement dangereux. En outre, leurs capacités cognitives et manipulatoires interdisent des systèmes de fermeture simples pour les enclos. Dans les zoos, comme dans les cirques, il n’est pas rare que les chimpanzés, bonobos et autres grands singes fabriquent des outils avec des matériaux simples, qu’ils ont à portée de main, afin d’ouvrir les systèmes de fermeture des cages et enclos.
Une attention particulière doit donc être portée sur le type d’enclos et de fermeture de ce dernier.

< Avril 2004 - La façon dont ce primate est maintenu captif présente un réel danger pour le public.
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Accès du public


Il convient d’empêcher que le public puisse accéder sans autorisation ni surveillance aux zones dans lesquelles se trouvent les animaux. Un périmètre de séparation doit être aménagé autour du cirque, conçu, construit et entretenu de manière à empêcher tout accès non autorisé. Cette interdiction devra être signalée. Dans les zones réservées au public, tous les passages, barrières, structures, dispositifs, agencements et installations fixes devront être maintenus en bon état. Il convient de prévoir et d’empêcher tous les risques et de disposer la signalisation appropriée. Les escaliers devront être munis de rampes. L’accès doit aussi être prévu pour les handicapés. Depuis le grand chapiteau et le reste des installations, il doit y avoir assez de sorties de secours, pouvant être ouvertes de l’intérieur et jamais obstruées. Ces sorties devront être signalées de façon claire.
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Le spectacle


Pendant le spectacle, le public devra être correctement protégé. Les bords de la piste ne sont généralement pas de nature à empêcher qu’un animal de grande taille tombe sur le public. Il conviendra donc d’y ajouter une séparation supplémentaire. Le sol de la piste devra être préparé avant chaque numéro : cailloux, fil de fer, fèces et autres détritus devront être enlevés, la terre battue devra être tassée et le sol devra être recouvert de copeaux de bois, de morceaux d’écorce ou de tapis de caoutchouc.
La procédure d’évacuation en cas d’urgence devra être inscrite. Le personnel devra recevoir une formation régulière et adéquate. Tout cela devra être consigné et les registres devront être tenus à la disposition des missions d’inspection. Ils devront comprendre les procédures à appliquer en casde fuite d’un animal, de relâchement illégal d’un animal, en cas d’incendie, d’alerte à la bombe, d’effondrement d’une structure, etc. Il conviendra de faire tous les efforts possibles pour rattraper tout animal dangereux en fuite. Pour cela, la détention sur le site du matériel de capture adéquat sera nécessaire : ce matériel devra être conservé en lieu sûr, soumis aux autorisations appropriées et entretenu comme il convient. Des employés qualifiés et formés à l’utiliser devront être toujours disponibles.
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Le personnel et le public devront pouvoir bénéficier de premiers secours sur place, avec des installations et un matériel adéquats, et par un personnel qualifié.

< Amiens, décembre 2004 - Éléphants dressés dans la rue. Que se serait-il passé en cas de panique ou de fuite ?

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• Manipulation des animaux et contact

Une signalisation avertissant des risques de morsure et autres dangers devra être affichée en évidence. Le contact et les interactions du public et des animaux doivent faire l’objet d’un contrôle permanent, et ne doivent pas être autorisés s’ils présentent un risque de souffrance, de stress ou de danger pour l’animal ou le public. Le public ne doit pas être autorisé à entrer en contact avec les animaux avant qu’aient été réalisées une inspection et une évaluation du risque. Rappelons que des animaux soustraits à leur environnement normal ou à leur groupe social peuvent se comporter d’une façon différente, et que les interactions avec les enfants comportent un risque particulier. Toute zone dans laquelle des contacts avec les animaux sont possibles devra être surveillée. Cette surveillance devra être adaptée au type d’animal et au niveau de risque. Ce risque est souvent inconnu (le statut sanitaire des animaux des cirques n’est pas évalué, contrairement aux animaux des zoos ou des laboratoires ; de plus, les connaissances scientifiques relatives au risque infectieux lié aux espèces sauvages, non destinées à entrer en contact avec les humains, sont faibles).

Zoonoses

Il est donc capital que les animaux fassent l’objet d’un contrôle régulier pour dépister les zoonoses  (maladies transmissibles de l’animal à l’humain et réciproquement). Dans les fermes ouvertes au public et les ménageries, des enfants et des adultes contractent parfois de graves maladies infectieuses au contact d’animaux. L’inverse peut aussi survenir ; avec la recrudescence de tuberculose humaine, il n’est pas exclu qu’un humain contamine un animal, qui disséminera la maladie au gré des déplacements du cirque. Ce type de contamination humain-animal est déjà survenu dans des parcs zoologiques. Un cirque doit disposer d’installations sanitaires à proximité du lieu de contact avec les animaux. Le personnel surveillant doit veiller à ce que les enfants, après tout contact avec les animaux, se lavent les mains. La consommation de nourriture doit être interdite dans les zones permettant un contact avec les animaux.

Les grands singes, et les primates en général, peuvent également être porteurs sains de virus extrêmement dangereux pour l’homme, tels que l’herpès B, qui touche les espèces africaines dans la nature, mais qui contamine tous les primates en captivité. À cause de la proximité des patrimoines génétiques au sein des primates, les virus et diverses autres maladies peuvent passer avec grande facilité d’une espèce à l’autre. La contamination est donc possible dans les 2 sens. L’homme peut contaminer les animaux, mais aussi être contaminé par ces derniers. Dans certains cas, cette transmission de maladie peut se révéler extrêmement dangereuse et une attention particulière doit être portée à ce point. Il est essentiel, dans un souci sanitaire, que les primates ne soient pas en contact direct ou trop rapproché avec les hommes, tout particulièrement les enfants, souvent pris à partie pour réaliser certains numéros avec des animaux dont des singes.

• Les assurances

Outre les polices d’assurance souscrites par les entreprises et les organisateurs de spectacles, les cirques devront s’assurer contre la responsabilité des dégâts et des blessures que peuvent provoquer leurs animaux. Les organisateurs de cirques devront justifier d’une police d’assurance en responsabilité civile qui les indemnise et indemnise un tiers dans le cadre du contrat d’un service et tout tiers agissant pour son propre compte, en cas de responsabilité pour n’importe quels dommage ou blessure pouvant être causés par l’un des animaux, à l’intérieur ou à l’extérieur du cirque, ainsi que pendant les déplacements. Les organisateurs de tout numéro d’animaux devront être titulaires d’une police d’assurance similaire. Ce type de police d’assurance devra être exigé par toute législation réglementant les cirques, les spectacles et numéros d’animaux.


• Les registres

Tenus pour chaque numéro par le cirque lui-même, les registres sont nécessaires pour permettre une gestion correcte des animaux, en cas de litige, pour des raisons d’ordre vétérinaire... Tout animal doit être marqué individuellement d’un identifiant univoque et recevoir un passeport comportant sa photo afin de faciliter son identification (il n’est pas toujours facile de s’approcher de l’animal pour lire la puce). La photo devra montrer des signes distinctifs lorsqu’ils existent, par exemple la répartition des vibrisses sur la gueule d’un lion. Seuls des registres identifiant les animaux de façon univoque permettent aux autorités de suivre leur trace (important en cas de morsure, d’accident, de transmission de maladie…) et de contrôler leur commerce aux niveaux national et international.

L’information contenue dans les registres doit être accessible à tout moment. Ils doivent être gardés en lieu sûr pendant au moins 7 ans pour les besoins de la comptabilité et de la gestion, et pour pouvoir assurer un suivi des animaux sur une période suffisamment longue. Les registres doivent comporter l’identification de l’animal – nom, nom scientifique, photo et identifiant numérique –, son sexe, sa date [connue ou estimée] de naissance, son origine [sauvage ou né en captivité], avec si possible l’identification des parents, les coordonnées du propriétaire précédent,  les lieux de séjour et les déplacements [avec les dates], l’information relative à l’état de santé de l’animal, le dossier vétérinaire (détail et dates des médications et de toute autre forme de traitement administré), les blessures causées par les animaux (où, quand et comment ; quelle action a été entreprise pour y remédier).

On devra aussi procéder à des relevés journaliers, comportant des notes sur les aliments utilisés, les quantités et la qualité, les naissances et les décès, le comportement des animaux, leur condition sexuelle et leur état de santé, les visites des vétérinaires, les problèmes rencontrés lors des mises en cage, des numéros ou du transport, les réparations et autres mesures prises pour régler un problème.

• Le personnel

L’effectif du personnel disponible, son expérience et son niveau de formation doivent à tout moment correspondre aux normes. Une liste de l’ensemble des employés doit être tenue à jour, qui doit indiquer les niveaux d’ancienneté, les domaines de responsabilité et préciser qui est autorisé à travailler avec les animaux.

Il faut qu’un membre du personnel compétent et capable de prendre des décisions importantes soit disponible 24 heures sur 24.

Le personnel doit avoir la possibilité de développer ses compétences professionnelles de façon continue (formation permanente) et être incité à le faire.

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