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Pour autant que l’on puisse connaître l’histoire
de cet animal, elle aurait été capturée au Kenya,
après que son groupe ait été tué devant
elle. Placée dans une ferme, elle a été achetée
par un cirque. Depuis lors, Samba n’a plus jamais été
au contact d’autres pachydermes, alors que ces animaux vivent
en troupeaux.
Numéro discutable
Samba effectuait un curieux numéro. Chaque soir, ou presque,
le Continental Circus représentait sa mort. Le dompteur la
frappait, après avoir marché sur les genoux elle était
censée s’écrouler, les yeux exorbités.
One Voice a filmé cette scène dont vous pouvez voir
la vidéo sur ce site. Une vidéo qui montre, notamment,
l’emploi d’un « ankus » (bâton avec
une pointe acérée).
Le dresseur de Samba reconnaît lui-même que ce tour est
« très difficile pour les éléphants. »
Selon Martin Saller et Karl Gröning (1998), « le simple
fait de s’agenouiller sur les deux pattes représente
déjà une forte contrainte pour les articulations et
la colonne vertébrale de l’éléphant ». [1]
Les Dr Helmut Pechlaner et Harald Schwammer considèrent que
« Ces positions peuvent causer des blessures aux articulations
et aux disques intervertébraux des éléphants
adultes, ainsi que des fissures dans les ongles. Quant aux exercices
d’équilibre, ils peuvent être à l’origine
de dérangements moteurs dans les articulations du coude et
du genou ». [2]
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Coups de bâton
Le soir du 20 mai 2003, à Rochefort du Gard, Samba a refusé
de se plier aux ordres. Son dresseur, furieux, sans même prendre
le temps de quitter son costume de scène, armé d’un
bâton, s’est acharné à frapper l’animal,
prisonnier dans un camion. Les coups ont plu sur ses pattes, son
corps, sa trompe, sa tête. Il a fallu les pleurs des enfants
et les cris des adultes témoins de la scène pour qu’il
cesse. Alertée, One Voice a aussitôt porté plainte
auprès du tribunal de Grande Instance de Nîmes. Une
plainte accompagnée de témoignages hélas classée
sans suite en mai 2004.
Selon la circulaire du 17 janvier 2000 relative au certificat de
capacité pour l’entretien d’animaux d’espèces
non domestiques, « le certificat de capacité d’une
personne responsable de l’entretien des animaux peut être
suspendu ou retiré, en application du point V de l’article
R.213-4, si son titulaire a fait preuve de carence dans l’entretien
des animaux démontrant son inaptitude et jugée suffisamment
importante pour qu’il convienne dans un souci de prévention,
de lui retirer l’autorisation lui permettant d’assurer
la responsabilité de l’entretien des animaux au sein
de l’établissement où il exerce ou dans l’autre. » [3]
En conséquence, les 100 000 signataires de la pétition
de One Voice demandent au ministère de l’Ecologie de
donner l’instruction au Préfet de réexaminer
l’attribution du Certificat de capacité du dompteur
de Samba au titre de l’article R.213-4 du Code de l’environnement.
One Voice veut obtenir la garde de Samba, afin de la placer dans
un sanctuaire qui abrite déjà d’autres éléphants
d’Afrique.
Une éducation à la dure
Samba n’est malheureusement pas un cas isolé. Son sort
est commun à celui des autres animaux employés dans
les cirques. Pour parvenir à obtenir que l’animal exécute
un numéro, le dresseur doit le soumettre à sa volonté.
Pour cela, l’animal est « cassé » à
chaque fois que celui-ci fait un écart. Comme le soulignait
Lydia Zavatta à un de nos enquêteurs, cette soumission
« ne peut être obtenue que par la peur.»
De nombreux témoignages de dompteurs et de spécialistes
du cirque confirment l’usage de la violence dans le dressage.
Dans un témoignage accablant le dompteur Vladimir Deriabkine
dénonce ces méthodes en ces termes : «vous avez
sans doute remarqué que tous les dresseurs d'éléphants,
pendant les représentations, ont à la main une cravache
de cuir ornée d’une fleur au bout. Le dresseur s’approche
de l’animal, fait un geste gracieux de la main et l’éléphant,
comme s’il obéissait à la fleur, se dirige gentiment
vers l’endroit qu’on lui indique. Mais aucun des spectateurs
ne sait que la magnifique rose cache en fait un crochet acéré,
qui viendra se planter dans l’oreille de l'éléphant
au moindre signe de désobéissance. C’est ainsi
dans tous les cirques du monde.»
One Voice confirme à travers ses enquêtes qu'effectivement,
des cirques aussi importants qu’Alexis Grüss ou Pinder
ont systématiquement ces piques lors des représentations.
[1] SALLER Martin & Gröning Karl « L’éléphant
Mythe et Réalités », Coll. Könemann, 1998
[2] GSANDTER Mag.Hermann, PECHLANER Helmut Dr.,
SCHWAMMER Harald Dr,
« Guidelines for the keeping of wild animals in circuses »
Bureau du Commissaire à l’environnement de Vienne,
1997.
[3] Circulaire DNP/CFF 2000-1 du 17 janvier 2000
relative au certificat de capacité pour l’entretien
d’animaux d’espèces non domestiques
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