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Confession d'un Dresseur
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« La cruauté naît avec le dresseur »

Vladimir Deriabkine était l’un des plus grands montreurs d’ours d’URSS. Ses numéros, d’une virtuosité extrême, consistaient notamment à faire danser le twist à ses animaux ou bien à les transformer en garagistes, en barmen, en marins, tous criants de vérité. Un jour, cet homme n’a plus supporté les mauvais traitements qu’il infligeait aux animaux. Il a rompu avec sa profession, mais aussi avec la loi du silence qui l’entoure. Il a décidé de parler dans une interview à un journal moscovite, reprise par « Courrier International » en février 2003.

« Des accessoires vivants »

Pour lui, la relation d’amitié, voire familiale qu’entretiendraient les dompteurs avec leurs animaux est un mensonge. Lorsqu’on lui parle d’un dresseur qui affirme considérer ses ours comme ses enfants il s’exclame : « Ses enfants, tu parles ! On gagnait simplement de l'argent sur le dos de ces enfants-là. On mangeait bien, on s'habillait luxueusement, on dormait dans des draps propres pendant qu'eux étaient dans des cages. » Selon son expérience, la réalité est aussi simple que cruelle : « Pour un dresseur, les animaux ne sont que des accessoires vivants. » Et de citer cet exemple : « Sur la piste, on peut s'approcher du lion, lui tapoter la crinière et même lui plaquer un baiser sur la gueule, mais, en coulisse, on a un bâton. »
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Le secret des numéros avec des éléphants

Car seule la peur peut forcer des animaux sauvages à se prêter aux numéros. Vladimir Deriabkine, toujours cité dans « Courrier International » lève ainsi le voile sur ces pratiques. « Vous avez sans doute remarqué que tous les dresseurs d'éléphants, pendant les représentations, ont à la main une cravache de cuir ornée d'une fleur au bout, explique l’ancien dompteur. Le dresseur s'approche de l'animal, fait un geste gracieux de la main et l'éléphant, comme s'il obéissait à la fleur, se dirige gentiment vers l'endroit qu'on lui indique. Mais aucun des spectateurs ne sait que la magnifique rose cache en fait un crochet acéré, qui viendra se planter dans l'oreille de l'éléphant au moindre signe de désobéissance. C'est ainsi dans tous les cirques du monde. »

Peur et privation de nourriture


Dans cet entretien, l’ancien dresseur souligne que la peur des coups et la privation de nourriture sont les deux seuls leviers employés par les dompteurs pour obtenir ce qu’ils veulent de leurs animaux. Il souligne qu’il ne peut y avoir de dressage en douceur: « la cruauté naît avec le dresseur. Dès que l'on prend un ourson, qu'on le met dans une cage et qu'on le fait se produire en piste, c'est une catastrophe pour l'animal. Et pour l'homme aussi, s'il a un coeur. »

La « loi de la peur »


Vladimir Deriabkine a abandonné le cirque. Parce qu’un jour, un de ses ours a attaqué sa femme. Il l’a tuée. Ses six autres ours ont été euthanasiés. Il explique que ce drame était inévitable : « La seule chance qu' [un animal de cirque] peut avoir, c'est de régler ses comptes avec son dresseur avant de mourir. » Triste résultat de la « loi de la peur » qui préside à tout dressage.
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