| Le
dressage vu par Jean Richard
Version
imprimable
Jean Richard, mort à la fin de l’année 2001,
était l’un des représentants les plus connus
du cirque français, outre sa célébrité
de comédien. Il avait publié un livre, «
Mes bêtes à moi » qui apporte un témoignage
éclairant sur la façon dont les dresseurs considèrent
les animaux.
Naissance d’une vocation
Il décrit ainsi sa première expérience de dressage
: « Fourche et fouet en main, je pénétrai dans
le poulailler et je m’attaquai à un pauvre coq, que
je rendis furieux en trois séances de dressage en férocité.
Il fallut, non pas le tuer, mais l’abattre. Une vocation était
née… ».
Explication sans témoin
Cette vocation naissante se poursuit et Jean Richard troque les
coqs pour des éléphants. « Le lendemain, je
les attendais de pied ferme, fouet en main, et ils arrivaient. L’animal
de tête marquait un temps d’arrêt avant d’entrer
en piste. Il me jaugeait de haut en bas et jetait un regard circulaire
sur le chapiteau vide. Il comprenait très vite que l’explication
entre eux et moi, sans témoin, allait être orageuse,
et allègrement, ils pénétraient en piste. Résultat
: ils travaillaient comme des petits anges. Comment les punir ?…
C’était parfait ! Et le soir, toutes lumières
allumées, salle pleine, ils arrivaient et faisaient n’importe
quoi ! j’en ai même vu un entrer de dos… »
Pisser de peur
Jean Richard parlait aussi de ses confrères. « J’ai
vu le directeur Franz Althoff, qui possède le plus grand
groupe européen actuel, arrivant à quatre mètres
de la tente de ses quinze éléphants, se mettre à
hurler en allemand. Immédiatement, les quinze pachydermes
commençaient à pisser (de peur)… » |