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Pour des cirques sans Animaux
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Enquête au coeur d’un centre de dressage pour animaux sauvages
Octobre 2006
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En 2005, notre enquêteur s’est infiltré au cœur d’un centre de dressage pour animaux sauvages. Après plusieurs mois passés dans l’intimité du dresseur, ses révélations sont incroyables. Destinés tant aux cirques qu’aux médias, les animaux y séjournent dans des conditions loin d’être idéales…

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Dresseur de fauves

L’activité de Monsieur X consiste essentiellement à dresser de nouveaux individus destinés aux médias et surtout aux cirques. Ces derniers lui confient leurs jeunes fauves pour du dressage mais aussi des adultes pour de la rééducation. En outre, les animaux présents se reproduisent souvent, lui fournissant ainsi des portées entières à dresser.

La propriété

De l’extérieur, c’est une propriété comme une autre. Mais une fois le portail passé, on découvre, dispersée sur un terrain de 2 ha, une véritable ménagerie. On y trouve notamment des tigres, des lions, des panthères, des lynx, un puma, des singes, des loups, des ours, des perroquets, un porc-épic, un raton laveur, un kangourou, mais aussi des volailles, des lapins et des chiens…

Des installations vétustes

L’ensemble des installations est dans un état vétuste, témoignant d’un manque certain d’entretien. Le circulaire, destiné à l’entraînement des animaux de cirque, est lui-même très rouillé. La plupart des enclos sont dans un état d’hygiène douteux et les installations destinées aux fauves sont dans un état particulièrement déplorable. Les remorques stationnées au fond de la propriété sont couvertes de rouille, leurs pneus sont dégonflés et elles n’ont certainement pas été déplacées depuis plusieurs années. Le sol est jonché de déchets divers, dont du matériel usagé.

Des conditions de vie inacceptables

La plupart des animaux n’ont certainement jamais la possibilité de sortir de leur cage. Des odeurs désagréables, imperceptibles depuis l’extérieur de la propriété, sont pourtant fortes en son sein et caractéristiques de la présence d’un grand nombre de fauves dans un espace restreint... D’autre part, la quasi-totalité des cages sont dépourvues de système d’évacuation des eaux et des urines. Les fauves n’ont que très peu de litière à leur disposition et parfois pas du tout. Certains sont sur un sol en terre, d’autres, dans les remorques, sur un plancher, voire même sur du béton pour la plupart des tigres ! Aucun effort d’enrichissement du milieu n’est réalisé, pas même pour les singes…

Sécurité

L’enquête a également révélé des lacunes importantes en matière de sécurité. Le site n’est pas complètement clos, d’où un possible accès pour une personne mal attentionnée ou même un enfant aventureux ! Et si n’importe qui peut rentrer sur le site, imaginons les conséquences de l’évasion de l’un des animaux, cette propriété étant à proximité du centre ville…

Le dressage

Bien qu’il dise, dans un premier temps, ne commencer le dressage des fauves que vers l’âge d’un an, M. X, une fois mis en confiance, avouera à notre enquêteur le commencer dès 6 mois. Ce dernier sera finalement le témoin du dressage de lionceaux d’à peine 3 mois, complètement terrorisés… Pourtant, le dressage est, d’après M. X, un travail tout en douceur et en patience. Mais pour faire rester un lion sur son tabouret, il explique aussi qu’il faut que l’animal comprenne que ça n’est que dessus qu’il aura la paix et donc s’assurer qu’il ne soit pas tranquille quand il en descend !

Les cirques et leurs animaux

Un jeune lion de 15 mois d’une très grande agressivité est prostré au fond de sa cage. M.X explique à notre enquêteur qu’il a été tabassé par des circassiens qui lui ont cassé une dent à force de coups. Il raconte également que la violence est monnaie courante dans les cirques. La plupart des circassiens seraient aujourd’hui incapables de dresser les fauves et ils deviendraient rapidement violents quand ils s’y essaient…

Traumatisés

M. X aurait déjà vu, par exemple, deux personnes, à l’extérieur d’une cage, y tenant en respect un fauve grâce à deux cordes passées autour de son cou et l’étranglant presque, tandis qu’une autre, une barre de fer à la main, tentait de le faire monter sur un tabouret… Traumatisés, les animaux lui sont ensuite confiés, comme ces lionnes, dont une avait la tête déformée par les coups. Son travail consiste alors, après les avoir soignés, à reprendre le dressage avant de les rendre au cirque. Mais, en général, le circassien d’origine en a peur et préfère les revendre à un autre et en acheter de nouveaux déjà dressés... Un fauve pourra ainsi changer de cirque 4 à 5 fois au cours de son existence.

Un sombre bilan

La vie des animaux des cirques s’avère plus terrible à chacune de nos découvertes. Maltraités par des circassiens violents et incapables de les dresser, ils ne doivent leur salut – s’il s’agit bien de salut – qu’à des centres de dressage comme celui de M. X. Mais là encore, la vétusté des structures et le cadre de vie des animaux, qui sont enfermés dans des conditions indignes, ne valent guère mieux que celles des cirques ! Les animaux peuvent boire et manger, mais ils n’en sont pas moins dans une prison des pires qui soient…

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